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Samedi 20 janvier 2007

Eh bien voilà, après bien des déboires suite à notre dernier voyage (voir lien à gauche "Un taxi pour Conakry") et après bien des hésitations quant à la destination , les dés sont enfin jetés. Nous allons cette fois essayer de traverser l'Afrique de l'ouest, en partant de Lomé au Togo, pour rejoindre Tanger avec au programme, la traversée du Togo, une incursion au Bénin, les traversées du Burkina-Faso, du Mali, de la Guinée, si la situation politique le permet, du Sénégal, de la Mauritanie et enfin du Maroc. Soit un trajet d’environ 9000 kilomètres.
Nous tenions à retourner en Guinée où nous avions été séduit par l'accueil chaleureux de ses habitants. Seulement, voilà, la Guinée est un pays très instable et les grèves générales à répétition se succèdent et ne laissent rien présager de bon pour l'avenir de cette contrée. Aussi, nous avons envisagé de nous rendre, dans un premier temps, aux Etats Unis et au nord du Mexique. La, nous nous rendons vite compte que malgré la "mondialisation", rien n'est facile quand on sort un peu des sentiers battus. Il nous a été impossible de trouver un transitaire qui veuille bien mettre notre moto dans un bateau au départ de Marseille! Qu'à cela ne tienne, nous essayons donc de rebondir vers un autre projet. Depuis quelques années, nous avons un ami qui vit en Afrique du sud. Quelle belle occasion d'aller lui rendre visite tout en visitant ce magnifique pays... Alors que nous avions trouvé le moyen de transporter notre moto jusque là-bas, voilà que s'offre à nous la possibilité d'embarquer la moto à bord d'un cargo à destination de Lomé au Togo. Le même cargo qui transporte les véhicules des participants au prochain et premier rallye "Côte-Côte Historique".
Voilà donc une bonne occasion de découvrir de nouveaux pays en faisant moins de kilomètres. En effet, il nous serait impossible, par rapport au temps dont nous disposons, d'aller jusqu'au Togo et de revenir.
Rendez-vous était donc pris pour le 13 janvier à 10h00 sur le port de Sète. Les formalités accomplie, nous embarquons nous même notre moto à bord du cargo. Celle-ci bien sanglée au fond du garage, il n'y a plus qu'à regarder, en spectateurs privilégiés, l'embarquement de ce qui fut, autrefois, des camions. En fait, des empilement de camions, voitures et autres appareils électroménagers. Nous nous demandons bien comment il peut être possible de charger ce bric à brac aux roues crevées, aux embrayages rincés, et même aux moteurs HS. Le savoir faire des dockers arrivera à bout de cette tache, non sans quelques frayeurs quand même.
Il n’y avait plus alors qu’à rentrer à Sisteron en espérant bien que la moto sera au rendez-vous le 9 février à Lomé.
25 jours pour affiner l’itinéraire, demander quelques visas, et finir de se préparer.
Mais çà, nous le savons bien maintenant, nous ne serons prêts qu’au moment de partir.
La suite donc, à la mi-février après notre « parachutage » dans un autre monde et à l’occasion d’une rencontre avec un cybercafé.

Par Alain ARNAUD
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Vendredi 9 février 2007

Cela devait  être une journée tranquille réservée aux formalités administratives.

L’Afrique en a déjà décidé autrement. Après un acheminement par avion au cours de la nuit dernière, et après avoir encaissé un choc thermique d’au moins 30 degrés, nous avons réglé les problèmes d’assurance, de change, et de douane en une paire d’heures ce matin, après avoir vécu un grand soulagement en ayant retrouvé notre moto en parfait état et prête à traverser l’Afrique de l’Ouest.

Ayant profité de la logistique du rallye Côte/Côte Historique, nous avons été invités à nous joindre  aux manifestations de présentation de cet évènement. Et ici cela en est un ! Tour de ville interminable avec force de Police et de Gendarmerie en tête de convoi toutes sirènes hurlantes, télévision togolaise, ministre et autres personnalités en déplacement avec nous. Tout y était. Le Togo nous a reçu en fanfare avec ses danses et ses musiques traditionnelles.

Dès demain, retour à un rythme de  voyage et de découverte. Rendez-vous au prochain cybercafé, au bord des routes africaines.

Chris et Alain (complètement crevés et désespérés par les coupures d’électricité à répétition).

Par Alain ARNAUD
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Mercredi 14 février 2007

Depuis notre premier message que vous avez pu lire sur notre blog, nous avons quitté Lomé, la capitale du TOGO . Les paroles que nous entendons à chacune de nos haltes, « BONNE ARRIVEE », reflètent bien l’esprit des habitant de ce pays. Il était bien entendu impossible de quitter les rivages du golfe de Guinée sans plonger un peu dans l’Atlantique à l’eau si chaude sous ces contrées sans avoir une petite pensée pour les amis restés sous des latitudes moins généreuses en degrés et au travail… Avant de prendre la direction du nord-ouest, nous voulions aller sur les rivages du lac Togo. Cette petite balade d’une demi-journée nous permet de traverser de part en part le pays. Nous rencontrons les pêcheurs, majoritairement originaires du Bénin tout proche, qui nous explique un peu leur vie ici. Pêche du célèbre poisson « capitain » et pose des filets pour la capture des crevettes. Malheureusement, impossible de déguster ces dernières, l’eau du lac étant actuellement trop chaude, les activités de pêche sont suspendues jusqu’à la saison des pluies. Revenu à l’ouest du pays, nous traversons la capitale pour emprunter la route qui mène  à Kpalimé, petite ville à quelques encablures du Ghana. Avant d’arriver à cette dernière, nous faisons un détour pour gravir par une petite route pittoresque le Mont Agou, point le plus haut du pays avec ces 986 mètres. La route qui y accède est taillée à flanc de montagne et traverse une forêt tellement épaisse qu’il faut parfois baisser la tête pour éviter de percuter des lianes sèches qui pendent sous les arbres. Notre étape pour cette soirée se situe au mont (encore !) Kloto dans une auberge tenue par des passionnés de botanique et de papillons.  Rendez vous est pris pour le lendemain matin pour une petite rando à pieds à travers forêt et plantations. Occasion de voir enfin des produits que nous consommons couramment sans savoir à quoi ils ressemblent avant d’être traités comme le poivre, le café, les calebasses (dont vous vous servez certainement tous les jours). Ainsi enfin nous rencontrons le cacao ! En grand amateur de chocolat noir depuis si longtemps, il était temps ! La balade se termine au pied d’une petite cascade où, sans le voir, je dérange un beau serpent noir qui s’enfuit sous l’eau. Nous quittons ce lieu exotique par une petite route qui se déroule à flanc de montagne sous des tunnels de végétation pour rejoindre Kpalimé et la nationale. Direction Atakpamé par la route du plateau de Danyi. La route est en assez mauvais état. Beaucoup de nids de poules. Sur la moto nous nos organisons. Je me concentre sur la conduite, et Chris répond aux nombreuses salutations qui nous sont adressées. Les traversées de villages sont nombreuses. Quand on sait qu’un accrochage avec un piéton peut aboutir à un lynchage du conducteur du véhicule, nul n’est besoin de se forcer à être prudent. Malgré cela, nous prenons un plaisir énorme à rouler. L’air aide à supporter un peu mieux la chaleur, le moteur de la moto ronronne, nous slalomons entre les trous la musique que nous aimons dans les oreilles grâce au lecteur MP3. A notre arrivée à Atakpamé il reste environ 45 kilomètres pour rejoindre le barrage Nangbéto sur le fleuve Mono. Et que voulons nous donc aller faire là-bas ? Eh bien tout simplement essayer d’aller voir quelques hippopotames pardi ! Idée fixe… Et la où l’histoire se répète, c’est qu’à partir du croisement à la sortie de la ville, eh bien il n’y a plus de goudron. Renseignements pris, le goudron reprend dans 1, 10 ou 20 kilomètres à peu prêt… C’est comme ça ici. Nous nous risquons à emprunter cette piste malgré l’heure tardive. De plus, après le coucher du soleil, la nuit tombe très vite sous les tropiques. Et c’est comme ça que nous bravons encore une règle fondamentale que nous nous fixons avant chaque départ, à savoir de ne pas rouler de nuit pour des raisons de sécurité. Mais cette fois, le jeu en valait la chandelle. Levé à 6h00 du matin (c’est plus des vacances !!!) et après avoir cherché un peu le long du fleuve, nous apercevons enfin un petit groupe de ces bestioles qui nous font tant courir. Certes nous ne les verrons que de loin, il y a beaucoup d’eau, mais ils sont là à nager entre deux eaux. Rassasié par le spectacle, nous revoilà sur la piste pour rejoindre la fameuse route nationale 1 qui nous inquiétait tant ! En effet, énormément de camions circulent sur cet axe pour faire transiter des marchandises à travers toute l’Afrique de l’ouest. Et vu l’état des véhicules, la fatigue des chauffeurs,  le nombre d’épaves sur le bord des routes, il y avait vraiment de quoi être inquiet. Cette route nous conduit à franchir la « faille d’Aledjo » tant redoutés par les chauffeurs de camion, qu’un photographe est la en permanence pour les photographier lors de leur passage. A cet endroit, la route franchit une chaîne de collines par une très forte déclivité. Puis vient l’instant du passage dans cette faille si étroite que les camions passent à peine à cause de la largeur. La route pourrait être élargie, quelques pain d’explosifs suffiraient, mais voilà : L’endroit est habité par des génies. Donc hors de question d’y toucher. Nous sommes dans une partie de l’Afrique où la plupart de la population a conservé ses croyances ancestrales. Nous discutons un peu avec des routiers Ghanéens bloqués sur le bord de la route depuis trois semaines pour cause de moteur cassé et en attente d’un carter en bon état, avant de faire une pose dans un petit village où nous avons repéré une peinture murale qui représente une mappemonde. L’occasion de faire une photo sympa. A peine installés, des enfants en tenue beige apparaissent de tous les cotés et regardent le spectacle avec attention. En fait,  sans le savoir, nous avons perturbé les cours. Notre photo dans la boite, nous profitons de cette aubaine et de l’envie des enfants de participer pour faire avec eux une magnifique photo où ils submergent la moto en vous envoyant leur bonjour. Et nous sommes à Sokodé. Ici, et pour la première fois de notre vie,  un banquier dont la banque pratique le change de devises, va nous refuser de changer sous prétexte que nous n’avons que des petites coupures de 20 euros… Hallucinant quand on voit les liasses de francs CFA qui nous sont remises en échange de quelques euros… Mardi, il est déjà temps de faire les formalités pour quitter le Togo. En effet, pour rejoindre le Bénin, nous allons emprunter une piste qui fait environ 80 kilomètres et qui traverse le pays Tamberma. Et pas de poste frontière sur le chemin. C’est donc à Kanté que nous accomplissons ces obligations. Il y a énormément de monde avec des tenues traditionnelles. Des enfants se baladent avec des petits fanions aux couleurs de l’UNESCO. Renseignements pris, il va y avoir une cérémonie destinée à officialiser le classement du pays Tamberma « site du patrimoine mondial ». Il n’y a pas de hasard, nous en sommes tous les jours un peu plus convaincus. En plein sur notre route ! Nous faisons des provisions en eau et nourriture pour palier à une nuit sur la piste et nous nous engageons en direction du Bénin. Au détour d’un virage, un couloir d’écoliers accompagnés de leur instituteur attend les voitures des officiels. Nos avons droit au désormais célèbre « Bonne arrivée ». Même si nous ne sommes la que par hasard, quoique, ça fait chaud au cœur. Nous arrivons sur le site de la cérémonie, en franchissant un couloir de gens en tenues folkloriques. Le pays Tamberma est célèbre grâce à ces ensembles de cases et greniers fortifiés. Et c’est vrai, c’est très beau ! Le site s’étire au pied d’une chaîne de collines et au milieu de baobabs. Nous profitons pleinement des spectacles qui nous sont offert, et comme je le souhaitais presque secrètement, une invitation à dormir sur le toit d’un Tata (ces ensembles de cases fortifiées) nous est adressée. C’est ainsi que nous nous endormons sous une myriade d’étoiles au son des tamtams des habitants qui prolongent les festivités… Certains passent leur vie à courir derrière un hypothétique or en barre, nous nous avons trouvé au Togo du bonheur en barre. Il ne reste plus qu’à franchir la frontière pour être au Bénin, et rouler vers de nouvelles découvertes. Le parc de la Pindjari est à portée des roues de notre moto, mais c’est une autre histoire…

Nous espérons d’autres rencontres avec des cybercafés pour continuer à vous faire profiter de notre voyage. Nous vous demandons de nous excuser, mais nous contions vivement vous envoyer des photos avec ces textes. Malheureusement, avec le matériel dont nos disposons, il nous est impossible de traiter nos photos dans de bonnes conditions. Ce sera pour un peu plus tard …

Par Alain ARNAUD
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Mardi 20 février 2007

Nous vous avions laissés en plein cœur du pays Tamberma au nord est du Togo. Il a bien fallut quitter cette région extraordinaire pour continuer notre voyage. C'est avec un vent violent et qui transporte du sable du Sahara que nous avons repris la piste. Ici, ce n'est pas le Mistral, mais l'Harmattan qui souffle du nord.
Nous avons donc quitté le Togo en empruntant une magnifique piste de latérite qui nous a mené à Boukoumbé, petit village du Bénin où nous effectuons nos formalités d'entrée dans le pays en une demi-heure chrono. Il ne reste alors plus qu'une quarantaine de kilomètres de piste pour relier la ville de Natitingou située sur la route principale reliant Cotonou, la capitale, au Burkina Faso au nord. Pas mal de "tôle ondulée" sur cette piste. Pour éviter de tout casser, il fait rouler assez vite afin de ne rouler que sur les bosses de cette tôle ondulée. Ca nous permet de rouler en moyenne à 90 kilomètres heure avec le plus grand confort. De temps en temps, je ne peux résister au plaisir de rouler un peu plus vite... Gare alors aux plaques de sable profond ... La masse de la moto avec les bagages, environ 300 kilos, avec les deux passagers qui ne sont pas vraiment des gringalets,  ça ne s'arrête pas comme çà sur une piste au manque d'adhérence certain. Natitingou. Rien de spécial à voir ou à faire dans cette ville, si ce n'est le plein de carburant, le ravitaillement et le change. C'est quand même pas mal finalement!
Il ne reste plus alors qu'à rejoindre la petite ville de Tanguieta à environ 50 kilomètres d'une bonne route. Tanguieta est la ville d'accès au fameux parc national de la Pendjari. Et quand on dit fameux, ce mot n'est pas usurpé! Il est considéré comme le parc d'Afrique de l'ouest le plus fourni en faune. Normalement, hippopotames et éléphants doivent être au rendez-vous. Mais voilà: Si la moto est le meilleur moyen de voyager à travers le monde, l'accès aux parcs nationaux lui est formellement interdit. Pensez un peu si les deux gros blancs se faisaient bouffer par un lion...
Notre préoccupation est alors de trouver un moyen pas trop onéreux pour accéder à ce parc à bord d'un 4x4. Et comme le hasard n'existe pas, voilà qu'arrive une sympathique famille de français à bord de leur vieux Toy. bâché. Pensant qu'ils arrivaient du parc, nous allons les questionner sur les rencontres faites à l'intérieur de celui-ci. Nous y allons demain matin... Et nous avons deux places pour vous ! En deux heures le problème est donc réglé.
Rendez vous à 5h30 pour le départ. Vous conviendrez avec nous que ce n'est pas un horaire décent pour des vacanciers... Mais les animaux ont leurs habitudes et ne nous attendront pas.
2 km de goudron, et au centre ville nous attaquons déjà la piste direction Batia, à ... 45 kilomètres. Nous sommes à l'arrière de la voiture que le propriétaire a gentiment débâchée sur les cotés afin que nous ayons une vision maximale. Pour le moment, en guise de vision, il fait nuit noire et nous encaissons la tôle ondulée et chaque trou et bosse en direct. Les formalités d'entrée au parc effectuées, il n'y a plus que 40 kilomètres pour parvenir à une marre ou les animaux sont censés venir s'abreuver... Il fait grand jour à notre arrivée, et rien... Je sens le coup foireux arriver, ayant déjà vécu bien des expériences comme çà. Et puis au fur et à mesure de notre avancée, oui bien sûr, encore 40 kilomètres de mauvaise piste pour arriver à proximité du fleuve (nous en ferons environ 250 dans la journée), nous rencontrons un troupeau de pintades sauvages... Imaginez un peu, tout ce trajet pour voir un troupeau de pintades... Puis quelques phacochères, puis quelques singes et gazelles, puis quelques oiseaux, puis un troupeau de buffles qui coupe notre chemin, ou l'inverse, quand tout à coup, le guide nous dit: Eléphants !!! Il a l’œil le jeune !!! En effet, après êtres sortis des véhicules, et nous être enfoncés un peu dans la végétation, un groupe d'une dizaines de pachydermes est là en train d'avaler les feuilles des arbres les entourant. Nous observons la scène quelques minutes, puis un après l'autre ils lèvent leur trompes vers le ciel et nous repèrent aussitôt. Là deux solutions: soit ils nous chargent et il faut se réfugier au plus vite derrière un gros arbre, soit ils partent à l'opposé pour fuir. C'est la solution que nous préférons, et eux aussi. Ca tombe bien!
Nous continuons notre route, notre piste, pour aller voir un groupe d'hippopotames qui se prélassent dans les eaux du fleuve. Je crois que si c'est possible, Alain souhaiterai être réincarné en hippopotame... Si quelqu'un sait où adresser la demande ... Il est déjà temps de se diriger vers la sortie du parc. Non sans une deuxième rencontre avec un petit groupe de 4 éléphants (genre cerise sur le gâteau) qui eux, nous offriront un magnifique spectacle en s'enfuyant en traversant le fleuve. Nous rentrons (par la piste, toujours, quant on aime...) comblés par ces rencontres espérées depuis si longtemps.
Il faut voir dans quel état nous arrivons au camping... Nous ne sommes pas noirs, ce n'est pas encore possible, mais rouge. Couverts de poussière de latérite.
Nous décidons de prendre ici une journée de repos. Nous avons entendu parler d'une cascade à 34 kilomètres de piste. Bonne destination pour un pique-nique. Encore une fois, et suite à l'expérience de la veille, nous trouvons le confort de la moto extraordinaire. Le site de la cascade est magnifique, pour ne pas dire paradisiaque. En fait deux cascades superposées dans une végétation tropicale. Après le repas, des gosses se jettent à l'eau. La tentation est trop grande. Nous en oublions les saletés de "bilharziose" et autre vers de Guinée et plongeons à notre tour. Fabuleux !!! Retour à Tanguieta le long des plantations de coton où celui-ci est stocké au bord de la piste en attendant d'être chargé dans des camions qui le conduiront dans le sud du pays afin d'être traité.
Il est déjà temps de quitter le Bénin et de nous diriger vers un des pays les plus pauvre de notre planète: le Burkina Faso. Le voyage va prendre une autre tournure, c'est sûr.

Par Alain ARNAUD
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Lundi 26 février 2007

Et bien, déjà notre séjour au Burkina Faso s'achève. Autant vous dire que nous ne voyons pas le temps passer. Les journées d'aventure et de découverte se succèdent à un rythme effréné. Nous pensions avoir "mangé notre pain blanc" en quittant le Bénin, et voilà que surprise, le Burkina nous offre ce que l'Afrique doit avoir de meilleur: Un accueil super, une nature géante. Mais revenons quelques jours en arrière ( combien ?).

Passage des frontières Bénin / Burkina sans problème. Une nouveauté toutefois, le Burkina est organisé pour le passage des véhicules sur son territoire. Un laisser passer nous est délivré contre la somme de 5000 CFA ( équivalents à 5000 de nos anciens anciens francs, 50 de nos anciens francs, et environ 7.5 euros. iI faut jongler avec tout çà... ). C'est vers midi que nous entrons dans ce pays. Bonne occasion de manger un bout et de goûter les spécialités culinaires. Et la, d'entrée, le pays marque des points. Nous qui pensions perdre quelques kilos pendant ce voyage, ce n'est pas gagné. Nous projetions de joindre la ville de Fada N'Gourma d'une traite, mais comme toujours, impossible de prévoir. Un arrêt s'impose déjà dés la traversée de la première ville: Pama. En effet, cette dernière est construite au pied d'un amoncellement d'énormes rochers ronds où ont poussé ici et là, des baobabs. Irréel !  Nous garons la moto au pied de cette montagne, et je pars escalader cette montagne. Chris, plus sage et peut être moins téméraire, s'installe  sous un auvent fait de feuilles de rônier tressées. Quand je domine la ville du haut de ces rochers, je me rends compte que je suis en nage et complètement lessivé. Dans la précipitation j'ai oublié d'enlever ma veste et il fait ... 42 degrés ... Pour ce qui connaissent, ce site ressemble étrangement aux "Devils marble" au centre de l'Australie. Les baobabs en plus. 

Nous sommes seuls sur la route. La terre, le long de cette dernière , parait épuisée. Epuisée par les hommes et ces cultures depuis des millénaires, épuisée par les troupeaux de bétail qui la piétine depuis au moins autant de temps, épuisée par ce soleil qui cogne si fort et brûle tout...

Nous ne faisons qu'une brève escale à Fada N'Gourma, nos objectifs touristiques étant plus à l'ouest du pays. Mais avant d'y arriver, il nous faut faire une escale obligée dans la capitale: Ouagadougou. En effet, nous sommes partis sans nos visas pour le Mali. Il est en fait très difficile, avant le départ, de se procurer tous les visas nécessaires quand on habite pas la capitale. Nous mettons à profit notre temps d'attente à Ouaga pour visiter la ville, bien sûr, mais aussi pour toucher d'un peu plus prés les réalités de ce pays. Nous visitons un orphelinat qui prend en charge des enfants de 0 à 2 ans et nous allons en périphérie de la ville pour visiter un centre d'hébergement pour adolescents en difficultés. Les conditions de travail dans les deux cas sont très difficiles, et bien entendu les moyens manquent cruellement. Le Burkina, est le pays au monde, ou le nombre d'ONG est le plus élevé. Pas la peine de faire plus de discours. Les déplacements dans cette ville sont très difficiles. Pas à cause de la circulation, mais surtout à cause de la pollution. Il faut dire que nous évoluons au milieu de milliers de cyclomoteurs et de 125 cc. Au moins la moitié de ces véhicules sont équipés de moteurs deux temps qui fument à nous faire éclater les poumons. En ajoutant à cela les moteurs diesels aux pompes à injection HS, et l'harmattan qui continue de souffler et de recouvrir le pays de poussière, nous n'avons qu'une envie, fuir ! D'autant plus que la ville n'a rien de très spectaculaire à nous offrir.

Nous obtenons nos précieux visas en une demi-journée.  Du coup, la voie nous est ouverte vers la Mauritanie et l'Europe. En route vers Boromo et ces éléphants. Nous ne nous faisons guère d'illusions en allant là-bas. Et puis voilà. Nous quittons le goudron pour nous rendre dans un campement construit dans la brousse au bout d'un morceau de piste et sur un coude du fleuve Mouhoun. Il n'y a pas trente minutes que nous sommes là, qu'un premier groupe de pachydermes vient se vautrer dans des flaques de boue derrière les bâtiments. Et ce n'est qu'un début. Pendant les 24h00 que nous passerons ici, nous verrons des centaines d'éléphants, manger, traverser le fleuve, s'amuser... Ca parait incroyable, même en l'ayant vu de nos propres yeux... Nous aurons du mal à partir le lendemain, les éléphants étant à quelques dizaines de mètres de nous et se donnant en spectacle pour la plus grande joie des quelques privilégiés que nous étions.

La route vers Bobo-Dioulasso ne devait être qu'une formalité. 180 kms. Mais voilà, les travaux de rénovation sont en cours. De très nombreuses déviations sont mises en place de part et d'autre de l'axe routier. De la piste direz vous, pas pour nous déplaire ! En temps normal, bien entendu. Mais la, au milieu des camions qui roulent à tombeau ouvert en soulevant d'énormes nuages de poussière qui ne veut pas retomber, ce n'est pas vraiment du plaisir. Nous rejoindrons Banfora, en longeant sa grandiose falaise, en fin d'après-midi. Installation dans un campement très sommaire pour la nuit. Les chauve-souris nous observent, pendues dans l'énorme manguier sous lequel nous mangeons. Des dizaines de paires de petits yeux brillent dans le noir de la nuit au dessus de nos têtes. Il faut, ce soir là, se coucher tôt. Demain matin, debout à l'aube pour aller sur le lac de Tengrela ou nous avons encore rendez-vous avec les hippopotames.

Malheureusement, le vent a lui aussi rendez vous avec nous ce matin la. Nous embarquons sur une pirogue dont il a fallu vider la moitié de son volume en eau avant de colmater quelques fissures avec des bouts de chiffon. Chris qui ne sait pas  bien nager n'est pas très rassurée. Belle balade bucolique au lever du soleil au milieu du lac ou nous observons les pêcheurs relever leurs filets, mais pour les hippos, le vent les énerves et nous ne voyons que leur têtes de temps à autre. Difficile à voir ces bestioles!!!!  Pour nous remettre un peu de nos émotions, piste et sentier vers une cascade pour un repas bien mérité. Et la encore, malgré les difficultés d'accès au site, nous ne serons pas déçus. Une succession de chutes plus ou moins hautes sur environ 500 mètres. Géant ! Sans parler du "jacuzzi" dans les marmites surplombant la forêt...

Pour clore cette journée déjà bien remplie, un passage au site des dômes de Banfora fini de nous en mettre plein les yeux. Des rochers semés ici et la, et qui se dressent vers le ciel.

Il ne nous restait plus qu'à traîner un peu dans les alentours de Bobo. C'est chose faite ce soir avec une journée encore très chargée. Visite du village de Koumi ce matin. Village en banco (terre uniquement) divisé en trois quartiers bien distincts. Paysans, forgerons et griots. Chacun restant de son coté de frontières matérialisées au sol. Cet après-midi, sous plus de 40 °, mauvaise piste et marche dans un décor minéral irréel pour rejoindre la marre aux poissons sacrés de Daffra. Lieu sacré ou les gens viennent sacrifier poulet ou mouton selon la demande, et les offrir aux énormes silures qui peuvent atteindre un mètre de long. Les vautours sont aussi de la partie, des fois qu'un peu de viande échapperait aux poissons.

Il ne nous restait plus, avant d'atterrir dans ce cybercafé surchauffé, bruyant et au matériel complètement usé, qu'à faire un petit tour dans le centre de Bobo. Toute une aventure aussi, ou tout le monde essaie de soutirer un peu d'argent aux touristes de passage même si cela se fait dans la bonne humeur.

Demain, si tout va bien, le Mali avec un imprévu passage en pays Dogon, les portes de la Guinée étant fermées pour nous en ces temps de tensions extrêmes.

 

 

 

 

 

 

 

 

Par Alain ARNAUD
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