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Comme prévu, nous avons quitté Dakar, mais seulement après avoir rendu visite au directeur d'une institution qui mérite d'être connue: D.A.S.S. de Dakar. Pour notre étape dans cette ville, nous étions hébergés chez une jeune Sisteronaise en stage pour 5 mois dans cette institution. Laureline, nous fait donc rencontrer son directeur, M Serigne Lahbib Ndiaye. Un homme qui investi toute son énergie et son temps pour venir en aide aux enfants les plus défavorisés de Dakar. Et il y en a !!! Nous apprenons beaucoup sur les conditions de vie de beaucoup d'enfants en ville et sur les faibles moyens mis en oeuvre par les élus sénégalais. Les employés de cet organisme en sont à reverser une grande partie de leur salaire à l'association qui les emploi afin que cette dernière subsiste...
Il faut donc nous extraire des encombrements inévitables de la ville pour nous diriger vers le lac Rose, devenu célèbre depuis que le rallye Paris-Dakar y organise son arrivée annuelle. Des panneaux indiquent l'approche du lieu: "Restaurant Paris-Dakar", "Buvette du rallye" ... Il est évident que l'organisation de cette course a marqué la ville pour longtemps (une stèle a été élevée à Dakar en hommage à Thierry Sabine). Et les retombées sont là. Il faut voir le nombre de touristes trimbalés en camion autour du lac! Il semble de toutes façons, que tout le Sénégal profite du passage du rallye et des reportages télévisés qui en découlent.
Le lac est bien rose. D'ailleurs, au plus le soleil monte dans le ciel, au plus cette couleur s'accentue. Salinité importante de l'eau disent certains pour expliquer ce phénomène (mais la mer morte en Jordanie n'est pas rose), micro-algue vivant ici affirment d'autres. Nous ne savons donc pas vraiment pourquoi l'eau est rose, mais le spectacle est là et le site vaut vraiment le détour. Entre le village de paillotes et les rives du lac, des tas de sel extrait des eaux de ce dernier s'alignent. Les barques sont stationnées le long de la berge où naviguent paisiblement sur la surface figée du lac. Mais derrière ce tableau idyllique se cachent d'autres réalités plus dures. Il suffit de voir ces hommes au milieux du lac, avec de l’eau jusqu’aux épaules passer la journée à casser et remonter la croûte de sel recouvrant le fond du lac, ou ces femmes pliées en deux qui sous un soleil de plomb trient les cristaux de sel pour en extraire le moindre caillou… Là-bas, la vie est à ce prix. Il nous faut reprendre la route pour rejoindre Sain-Louis. 270 kilomètres de bonne route nous conduisent à la Manhattan africaine. Nous retrouvons volontiers cette ville paradoxalement d’une grande quiétude ou très agitée selon que l’on se trouve dans tel ou tel quartier. A l’arrivée, la route longe les quartiers populaires installés sur la berge orientale du fleuve Sénégal. Il faut alors emprunter le pont Faidherbe pour accéder au cœur de la ville situé sur une île au milieu du fleuve. Ce quartier est constitué d’anciennes maisons coloniales et est d’une sérénité qui contraste avec l’agitation que l’on trouve en franchissant le deuxième bras du fleuve pour rejoindre cette langue de terre coincée entre fleuve et océan, la langue de Barbarie. Le quartier des pêcheurs est construit ici. La population vie au rythme de l’océan et des départs et retours de pêche. De partout des pirogues multicolores. Des fumées et vapeurs s’échappent des endroits où sont traités les derniers poissons arrivés. Bouillis, séchés, salés… Il y a maintes procédures différentes pour essayer de faire parvenir le poisson aux populations vivant à l’intérieur des terres. Nous profitons de notre passage ici pour rendre visite à quelques connaissances avant de reprendre la route vers la Mauritanie.
Nous pensions, par rapport aux informations récoltées à différentes sources, que nous pouvions obtenir le visa d’accès à ce pays à chacun de ses postes frontière. Connaissant le poste de Rosso, il était hors de question d’y passer. Corruption, magouilles en tous genres et harcèlement des voyageurs sont au rendez-vous des voyageurs qui s’y risquent. Nous choisissons donc de nous rendre au poste de Diama et acceptons en contrepartie d’un passage plus normal de la frontière, d’effectuer 90 kilomètres de piste supplémentaires. Une fois sur place, nous apprenons que non, la Mauritanie ne délivre pas de visa à ce poste. Retour soit à Dakar (distante de 310 km) pour demander un visas, soit passage à Rosso. Nous optons donc pour la deuxième solution, bien conscients de ce qui nous attend. Et nous n’allons pas être déçu de ce côté là… A peine arrivés nous sommes submergés par une nuée de gens qui veulent essayer de nous soutirer un maximum d’argent en échange de leur aide pour accomplir les différentes formalités. Tout cela se passe sous l’œil complaisant des autorités. Nous arrivons malgré tout à échapper à tout çà et à effectuer les formalités de sortie du Sénégal sans y laisser une montagne de francs CFA. Nous attendons le bac une paire d’heures en regardant vivre les gens au bord du fleuve et en observant les allées et venues des pirogues. La traversée s’effectue enfin dans un inconfort complet où il faut tenir la moto qui est en équilibre précaire tout en compensant la pression exercée par les nombreux voyageurs à pied. Le bac est surchargé. Côté mauritanien, c’est la désorganisation complète. Nos papier sont d’ailleurs ramassés sur le bac à notre arrivée. Nos passeports partent d’un coté, permis de conduire et carte grise partent d’un autre sans aucune explication. C’est comme çà, point c’est tout. A nous de nous y retrouver dans les labyrinthe des bâtiments des différentes administrations auxquelles nous avons à faire. Il nous faudra trois heures pour obtenir un visa de … 72 heures. A notre grande surprise, il ne nous est délivré qu’un visa de transit (pour le prix d’un visa d’un mois multi-entrées). A nos protestations, une réponse implacable de la part du responsable : Si vous n’êtes pas content, vous retournez chercher un visa à Dakar. Nous avons le sentiment de ne pas être vraiment les bienvenus en Mauritanie. Sentiment qui contraste avec le sentiment éprouvé lors de précédents passages où nous avions ressenti une chaleureuse hospitalité. De plus, par sa récente histoire, le pays fait plutôt figure d’exemple pour l’Afrique, avec un coup d’état en 2005 sans aucune effusion de sang, un pouvoir de transition sous contrôle de l’armée pendant deux ans, et enfin des élections on ne peu plus démocratiques en ce moment, afin de rendre le pouvoir aux civils. Nous ne comprenons plus. Toujours est-il que nous quittons Rosso en fin d’après-midi et que nous n’aurons pas le temps de rejoindre la capitale distante de 200 kilomètres avant la nuit et donc dans de bonnes conditions de sécurité. Nous en serons donc pour un bivouac improvisé dans le désert. C’est vrais, qu’avec la traversée du fleuve Sénégal, nous entamons une nouvelle partie de notre voyage. La traversée du Sahara. Il y a une vingtaine d’année, l’axe principal entre l’Europe et les pays d’Afrique noire, passait par la fameuse trans-saharienne qui file entre l’Algérie et le Niger avant de bifurquer vers le Mali en fonction de la destination finale. Mais depuis les troubles qui règnent aux frontières communes de ces pays, en plein cœur du désert, c’est la trans-saharienne côtière qui a pris le relais. La Mauritanie, consciente de ce phénomène et consciente aussi des retombées économiques que cela peut signifier, n’a pas tardé à construire une route de 500 kilomètres (terminée début 2005) entre Nouakchott et Nouadhibou, les deux principales villes du pays. Si s’en à été fini de l’aventure pour les voyageurs qui voulais traverser le pays, le trafic de marchandises et la venue de nouveaux touristes s’en sont trouvés grandement facilités.
C’est donc dans un relatif confort que nous allons traverser les immensités magnifiques du plus grand désert du monde. Si la monotonie peut être au rendez-vous de certains esprits fermés, pour nous c’est une multitude de paysages variés qui nous est offerte. Grandes étendues arides et lisses, zones couvertes d’herbe à chameaux (dont nous rencontrons les premiers troupeaux), ergs avec de gigantesques dunes qui parfois donnent l’impression de vouloir avaler la route, grandes étendues couvertes de plantes vertes qui résistent à la sécheresse en captant l’humidité émise par le proche océan, immensités rocheuses (le sable n’occupant que 7% de la surface du Sahara) tourmentées par les vents, la chaleur et aussi le froid, et puis, sous la chaleur, les mirages. Ces impressions de voir de grandes étendues couvertes d’eau où l’on peu même voir des pêcheurs à l’œuvre selon les influences inconscientes de notre imagination. Ces derniers ne sont en fait que de vulgaires petits arbustes rabougris ou seulement des monticules de terre. Quand nous croisons des véhicules, et avant qu’ils ne soient à notre hauteur, nous avons l’impression de les voir flotter à quelques mètres au dessus du sol. Souvent, il est grand temps de faire une pause et d’avaler quelques goulées d’eau presque bouillante en pensant fortement qu’elle sort d’un réfrigérateur. Nous traversons finalement la Mauritanie très rapidement. 72h00, ça peu paraître largement assez pour couvrir un distance d’environ 800 kilomètres. Mais c’est sans compter sur une éventuelle panne, qu’il faut toujours prévoir, et qui rajouterait aux problèmes administratifs qui en découleraient.
Nous terminons notre séjour dans ce pays par un magnifique bivouac au bout du cap Blanc, zone classée parc naturel au sud et au bout du cap sur lequel est construite la ville de Nouadhibou. Phoques Moines, un phare, ciel constellé d’une myriade d’étoiles, épave de cargo, feux de positions des barques de pêcheurs qui donnent l’impression d’un vol de lucioles, ruines datant de l’époque coloniale, tout ceci sera notre décors pour cette nuit « dans » un hôtel aux milliers d’étoiles.
Les formalités de sortie du pays sont expédiées en dix minutes et nous aurons ici, la confirmation de la corruption régnant à Rosso. Ici, le visa est bien délivré pour un mois. Il n’y a donc pas eu de changement ordonné par les autorités, et la différence de prix entre les deux visas doit aller directement dans les poches des douaniers de Rosso…
Devant nous le Maroc. Le Maroc, mais aussi la fin du voyage. Nous nous sentons déjà un peu à la maison ici. Il reste environ 2500 kilomètres pour rejoindre Tanger et embarquer vers la France à bord d’un bateau à destination de Sète. Une formalité par rapport à tout ce que nous venons de vivre et de parcourir.
Nous allons profiter de ces derniers instants privilégiés en revoyant les pêcheurs des falaises le long de la côte, en dégustant quelques tajines inimitables, en appréciant les thés à la menthe que la célèbre hospitalité marocaine ne manquera pas de nous offrir, et des derniers bivouacs au pieds de dunes de sable blanc.
Nous n’avons plus qu’à vous donner rendez-vous pour un prochain voyage, qui nous l’espérons, nous conduira à nouveau vers des contrées qui nous sont inconnues et que nous sommes si impatients de découvrir.
Nous espérons qu’au travers de ces quelques messages, nous avons réussi à vous faire partager un peu de nos sentiments et à vous donner envie, à votre tour, de partir à la découverte de notre planète et des gens qui vous y attendent.


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