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Nous vous avions laissés à Tambacounda au fin fond du Sénégal. Comme nous le laissions entendre, un petit détour vers le parc Niokolo-Koba était envisagé. Non pas pour y faire une visite, mais pour se reposer un peu au calme dans un campement bordant le parc et sur une berge du fleuve Gambie. Qu'elle idée nous avons eu la... Le campement est magnifique, dans le genre paradisiaque même. Beaucoup de changement par rapport à une précédente visite il y a quelques années. En 2000, nous avions passé ici deux jours à essayer de voir quelques animaux toujours invisibles. Et là, alors que nous sommes en bordure du parc, à peine arrivés, comme une cerise sur ce gâteau qu'est ce voyage, trois hippopotames sont la devant nous à faire la sieste dans le fleuve. Le temps de nous installer, et leurs cris nous invitent à venir profiter du spectacle. Il semblerait que ce soit l'heure de la récréation. Ces énormes mammifères font les quatre cent coups dans l'eau. Jusqu'à des cabrioles qui nous permettent de les voir carrément à l'envers. Nous ne nous lassons pas de regarder. Depuis le temps qu'on leur courrait après... Après une bonne heure de défoulement, tout redevient plus calme. Il est alors temps pour moi d'aller faire un tour de canoë sur le fleuve. Le responsable précise bien que si les hippos sont à droite, il faut que moi je sois à gauche. Malgré leur aspect, ce sont des animaux très dangereux qui chaque année font des victimes dans les rangs des pêcheurs. Me voilà donc parti pour une petite randonnée au fil de l'eau qui me permet d'observer à loisirs une quantité d'oiseaux qui vivent sur les berges. Le soleil qui commence à décliner produit des couleurs extraordinaires. Tout est paisible. puis, au détour d'une courbe du fleuve, celui-ci se rétrécit et au même endroit, le fond remonte juste sous le niveau de l'eau. Impossible d'aller plus loin. Il n'y a plus qu'à faire demi-tour. Et là: stupeur ! A environ cinquante mètres de moi, un hippo, immobile me regarde. J'ai du sans le voir, lui passer dessus ou juste à coté. Avec les recommandations reçues avant le départ, je suis quand même un peu inquiet. Il me barre pratiquement le passage. Comme de plus, et malgré leur masse imposante ils sont très agiles dans l'eau, il s'agit de ne pas faire n'importe quoi. Je débarque du canoë, tire celui-ci sur la berge et attend un peu. Le bestiau ne bouge pas. Il n'a que ça à faire. Pour moi, par contre, le temps commence à presser un peu. Le soleil descend sur l'horizon et la navigation fluviale de nuit et au milieu des bestioles n'est pas mon truc. Je tire donc le canoë le long de la berge sur quelques dizaines de mètres afin de m'éloigner un peu. Je saute à bord un commence à pagayer doucement en surveillant la bête. Celle- ci va me suivre une centaine de mètres tout en gardant ces distances quand même. Il n'y a plus qu'à profiter du coucher de soleil sur le fleuve et la jungle. Mais une autre épreuve nous attendait. Entre Tambacounda et Kaolack, la route est complètement détruite. Une succession de trous tous plus gros les uns que les autres. Et c'est un slalom de 300 kilomètres qui commence sous la chaleur. De plus, les chèvres qui traversent devant nos roues sont toujours là. Ca ajoute un peu de piment. Et comme s'il en manquait, il faut éviter les camions aussi. Les chauffeurs de ces derniers ont la mauvaise idée de croire que les trous se situant à leur gauche sont mieux que ceux se situant à leur droite. Résultat, ils roulent souvent à gauche, et les motards (fort rares il est vrais) arrivant en face, ne faisant pas le poids, n'ont d'autre solution que de s'enlever du milieu. Exténuant. Dur de comprendre la politique du ministère des transports (hormis le manque de moyens) qui fait se détruire sa flotte de camions. Essieux cassés, roues arrachées, châssis en vrac, il faut voir les dégâts... Heureusement nous finissons la journée sur les rives du delta du Saloun devant une assiette de crevettes grillées et avec comme spectacle le coucher de soleil sur les pirogues stationnées le long du rivage. Le lendemain, après un passage à Joal Fadiou, petit village de 8000 habitants construit sur une île couverte de coquillages et avec des greniers à mil sur pilotis; nous rejoignons l'océan Atlantique que nous avions quitté à Lomé quatre semaines auparavant. Nous arrivons dans la zone la plus fréquenté et habitée du Sénégal. La circulation est du coup plus intense mais les routes plus belles. L'approche de Dakar nous permet de faire une escale à Popenguine, village de résidence du président Sénégalais fraîchement réélu. D"ailleurs, à notre approche, voilà des comités de réception avec drapeaux et banderoles. Au centre du village tout est prêt pour une réception festive. Le président est attendu d'une minute à l'autre. Cette fois, nous allons éviter les festivités en préférant piquer une bonne tête dans les vagues de l'océan.
Et il faut en profiter de ce bon moment. Ce qui nous attend est moins réjouissant. L'accès à Dakar est toujours aussi problématique avec sa seule voie et ses kilomètres de bouchon... Samedi, révision de la moto. Une huile moteur toute neuve sera la bienvenue pour la traversée du Sahara qui nous attend les jours qui arrivent. Dimanche, tentatives de vous écrire ces quelques lignes entrecoupées de coupures de courant décourageantes. Pour se remettre, il suffit d'embarquer sur une pirogue à destination de l'île de N'Gor. La, table et fauteuils les pieds dans l'eau, c'est pas des blagues, il faudra même se déplacer car la marée monte; et baignade en attendant les crevettes et le poisson grillé. L'après midi est consacré à des visites chez des gens vivant dans des quartiers populaires dans des conditions plus que précaires. Quand on ressort de la, nous ne pouvons qu'êtres qu'heureux de notre sort.
Demain départ vers St Louis avec une visite au lac Rose. Après, c"est au tour de la Mauritanie de nous accueillir. Mais çà, ce sera pour plus tard.


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