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Lundi 5 mars 2007 1 05 /03 /Mars /2007 11:48

Eh bien comme prévu, notre voyage nous a conduit au Mali.
La première journée dans ce pays, hormis les formalités de douanes, c'est résumé à une longue route qui nous a conduit à Mopti sur les rives des fleuves Bani et Niger. Arrivés à la nuit, il nous faudra attendre le lendemain pour découvrir cette ville extraordinaire. En effet, la ville est un grand carrefour entre Sahara et Sahel. Enormément de trafic par camions, et par pirogues (pas celles des touristes, non, de vrais camions flottants). En effet, Mopti est dotée d'un port, ce qui lui permet de commercer avec les villes de Bamako, Tombouctou ou encore Gao. Une ville on ne peut plus vivante et grouillante pour notre plus grand plaisir. Nous allons passer une journée à flâner d'un quartier à l'autre et découvrir ce qui fait la vie des gens d'ici. La rive sur le fleuve Bani est encombrée de petits étals ou l'on peut en autre, trouver du sel en provenance du Sahara. Celui-ci est débité en plaques dans les carrières, transporté à dos de dromadaires jusqu'à Tombouctou, et acheminé jusqu'ici par pirogue. Toute une aventure quand on sait qu'une petite partie sera vendu ici et le reste rechargé dans des camions qui desservent toute la partie de l'Afrique au sud du fleuve. Mais Mopti, ce n'est pas que le sel...
Ce sont une multitude de produits qui arrivent en camions, comme celui qui arrive du port de Lomé avec sa cargaison de savons, ce sont des corps de métiers comme les fabricants de pirogues qui chauffent les planches pour leur donner la forme voulue, ce sont ces forgerons qui ont pour matière première des fûts de 200 litres et qui transforme ça en malle de voyage, brasero et bien d'autre... Ce sont aussi bien entendu, les pêcheurs et autres piroguiers et tous ces gens qui vivent du fleuve. Ce fleuve qui sert à tout: Lavoir pour le linge, salle de bain, moyen de communication avec les pirogues, et bien entendu déversoir des égouts.... Mais les journées comme ça passent très vite et il faut déjà songer à quitter cette ville si attachante pour nous diriger vers ce fameux pays Dogon. Il n'a jamais été question pour nous d'y venir, cette destination étant à notre goût bien trop à la mode chez nous. Et puis voilà, les circonstances font que nous y voilà. Etape obligée, Bandigiara. La "capitale". Ravitaillement, recherche d'infos, et nous voilà parti vers cette falaise qui fait déplacer tant de monde. Et là, et bien, c'est vrai, ça vaut le détour ! Nous dévalons la falaise par une piste aménagée pour la suivre par le bas en direction de l'Est. Malheureusement, c'est ici que commence nos galères. La piste est en grande partie constituée de deux ornières de sable bien profond et bien mou. Et avec notre "panzer" à deux roues ce n'est pas vraiment l'idéal. A tel point que nous arrivons au petit village de Ende, moi complètement trempé, il fait quand même plus de 40°, et Chris ... à pieds... Mais quelle récompense: Nous sommes donc au pied de la falaise, sous un ancien village Dogon accroché à celle-ci. En fait, en schématisant, c'est le cœur de l'histoire Dogon. Les Tellems, des pygmées, vivaient ici jusque vers le 11 ou 12 ème siècle. Les Dogons sont alors arrivés et leur ont gentiment botté le cul pour prendre leur place. Ils ont alors construit de nouveaux village en dessous de ceux existants, accrochés à la falaise, et ont tout défriché pour leurs cultures. Ce n'est qu'il y a cent ans que les Dogons ont à leur tour abandonné ces villages pour s'installer sur la plaine au pied de la falaise. C'est beaucoup plus pratique pour le ravitaillement en eau. Nous visitons deux sites dans le secteur, avant de remonter se réapprovisionner à Bandiagara et repartir vers un autre site: Banani. Notre survol de cette région s'arrêtera là, après il faut marcher ou disposer de quatre roues. Une chose nous aura surprise pendant la visite de cette région: c'est les cultures. En effet, la moindre parcelle de terrain irriguée est utilisée à la culture de l'oignon. C'est ce qui se vend bien... Après un bivouac nous reprenons la route vers Djenné. Classée au patrimoine mondial par l'UNESCO, cette ville n'est accessible qu'en prenant un bac pour traverser le fleuve. Une ville construite en banco uniquement et dont la mosquée est une fierté du pays. Nous finissons cette première partie de découverte du Mali par une longue liaison routière de plus de 600 km pour rejoindre Bamako. Vent latéral violent au rendez vous et chargé de poussière. On comprend mieux dans ces conditions ce que peuvent endurer les gens qui vivent ici. Nous serons donc à Bamako un dimanche. Jour des mariages comme le dit la chanson...
Nous allons voir nous même, et nous vous raconterons tout çà une autre fois...

 

Par Alain ARNAUD - Publié dans : africa-trip
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