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Lundi 26 février 2007 1 26 /02 /Fév /2007 14:05

Et bien, déjà notre séjour au Burkina Faso s'achève. Autant vous dire que nous ne voyons pas le temps passer. Les journées d'aventure et de découverte se succèdent à un rythme effréné. Nous pensions avoir "mangé notre pain blanc" en quittant le Bénin, et voilà que surprise, le Burkina nous offre ce que l'Afrique doit avoir de meilleur: Un accueil super, une nature géante. Mais revenons quelques jours en arrière ( combien ?).

Passage des frontières Bénin / Burkina sans problème. Une nouveauté toutefois, le Burkina est organisé pour le passage des véhicules sur son territoire. Un laisser passer nous est délivré contre la somme de 5000 CFA ( équivalents à 5000 de nos anciens anciens francs, 50 de nos anciens francs, et environ 7.5 euros. iI faut jongler avec tout çà... ). C'est vers midi que nous entrons dans ce pays. Bonne occasion de manger un bout et de goûter les spécialités culinaires. Et la, d'entrée, le pays marque des points. Nous qui pensions perdre quelques kilos pendant ce voyage, ce n'est pas gagné. Nous projetions de joindre la ville de Fada N'Gourma d'une traite, mais comme toujours, impossible de prévoir. Un arrêt s'impose déjà dés la traversée de la première ville: Pama. En effet, cette dernière est construite au pied d'un amoncellement d'énormes rochers ronds où ont poussé ici et là, des baobabs. Irréel !  Nous garons la moto au pied de cette montagne, et je pars escalader cette montagne. Chris, plus sage et peut être moins téméraire, s'installe  sous un auvent fait de feuilles de rônier tressées. Quand je domine la ville du haut de ces rochers, je me rends compte que je suis en nage et complètement lessivé. Dans la précipitation j'ai oublié d'enlever ma veste et il fait ... 42 degrés ... Pour ce qui connaissent, ce site ressemble étrangement aux "Devils marble" au centre de l'Australie. Les baobabs en plus. 

Nous sommes seuls sur la route. La terre, le long de cette dernière , parait épuisée. Epuisée par les hommes et ces cultures depuis des millénaires, épuisée par les troupeaux de bétail qui la piétine depuis au moins autant de temps, épuisée par ce soleil qui cogne si fort et brûle tout...

Nous ne faisons qu'une brève escale à Fada N'Gourma, nos objectifs touristiques étant plus à l'ouest du pays. Mais avant d'y arriver, il nous faut faire une escale obligée dans la capitale: Ouagadougou. En effet, nous sommes partis sans nos visas pour le Mali. Il est en fait très difficile, avant le départ, de se procurer tous les visas nécessaires quand on habite pas la capitale. Nous mettons à profit notre temps d'attente à Ouaga pour visiter la ville, bien sûr, mais aussi pour toucher d'un peu plus prés les réalités de ce pays. Nous visitons un orphelinat qui prend en charge des enfants de 0 à 2 ans et nous allons en périphérie de la ville pour visiter un centre d'hébergement pour adolescents en difficultés. Les conditions de travail dans les deux cas sont très difficiles, et bien entendu les moyens manquent cruellement. Le Burkina, est le pays au monde, ou le nombre d'ONG est le plus élevé. Pas la peine de faire plus de discours. Les déplacements dans cette ville sont très difficiles. Pas à cause de la circulation, mais surtout à cause de la pollution. Il faut dire que nous évoluons au milieu de milliers de cyclomoteurs et de 125 cc. Au moins la moitié de ces véhicules sont équipés de moteurs deux temps qui fument à nous faire éclater les poumons. En ajoutant à cela les moteurs diesels aux pompes à injection HS, et l'harmattan qui continue de souffler et de recouvrir le pays de poussière, nous n'avons qu'une envie, fuir ! D'autant plus que la ville n'a rien de très spectaculaire à nous offrir.

Nous obtenons nos précieux visas en une demi-journée.  Du coup, la voie nous est ouverte vers la Mauritanie et l'Europe. En route vers Boromo et ces éléphants. Nous ne nous faisons guère d'illusions en allant là-bas. Et puis voilà. Nous quittons le goudron pour nous rendre dans un campement construit dans la brousse au bout d'un morceau de piste et sur un coude du fleuve Mouhoun. Il n'y a pas trente minutes que nous sommes là, qu'un premier groupe de pachydermes vient se vautrer dans des flaques de boue derrière les bâtiments. Et ce n'est qu'un début. Pendant les 24h00 que nous passerons ici, nous verrons des centaines d'éléphants, manger, traverser le fleuve, s'amuser... Ca parait incroyable, même en l'ayant vu de nos propres yeux... Nous aurons du mal à partir le lendemain, les éléphants étant à quelques dizaines de mètres de nous et se donnant en spectacle pour la plus grande joie des quelques privilégiés que nous étions.

La route vers Bobo-Dioulasso ne devait être qu'une formalité. 180 kms. Mais voilà, les travaux de rénovation sont en cours. De très nombreuses déviations sont mises en place de part et d'autre de l'axe routier. De la piste direz vous, pas pour nous déplaire ! En temps normal, bien entendu. Mais la, au milieu des camions qui roulent à tombeau ouvert en soulevant d'énormes nuages de poussière qui ne veut pas retomber, ce n'est pas vraiment du plaisir. Nous rejoindrons Banfora, en longeant sa grandiose falaise, en fin d'après-midi. Installation dans un campement très sommaire pour la nuit. Les chauve-souris nous observent, pendues dans l'énorme manguier sous lequel nous mangeons. Des dizaines de paires de petits yeux brillent dans le noir de la nuit au dessus de nos têtes. Il faut, ce soir là, se coucher tôt. Demain matin, debout à l'aube pour aller sur le lac de Tengrela ou nous avons encore rendez-vous avec les hippopotames.

Malheureusement, le vent a lui aussi rendez vous avec nous ce matin la. Nous embarquons sur une pirogue dont il a fallu vider la moitié de son volume en eau avant de colmater quelques fissures avec des bouts de chiffon. Chris qui ne sait pas  bien nager n'est pas très rassurée. Belle balade bucolique au lever du soleil au milieu du lac ou nous observons les pêcheurs relever leurs filets, mais pour les hippos, le vent les énerves et nous ne voyons que leur têtes de temps à autre. Difficile à voir ces bestioles!!!!  Pour nous remettre un peu de nos émotions, piste et sentier vers une cascade pour un repas bien mérité. Et la encore, malgré les difficultés d'accès au site, nous ne serons pas déçus. Une succession de chutes plus ou moins hautes sur environ 500 mètres. Géant ! Sans parler du "jacuzzi" dans les marmites surplombant la forêt...

Pour clore cette journée déjà bien remplie, un passage au site des dômes de Banfora fini de nous en mettre plein les yeux. Des rochers semés ici et la, et qui se dressent vers le ciel.

Il ne nous restait plus qu'à traîner un peu dans les alentours de Bobo. C'est chose faite ce soir avec une journée encore très chargée. Visite du village de Koumi ce matin. Village en banco (terre uniquement) divisé en trois quartiers bien distincts. Paysans, forgerons et griots. Chacun restant de son coté de frontières matérialisées au sol. Cet après-midi, sous plus de 40 °, mauvaise piste et marche dans un décor minéral irréel pour rejoindre la marre aux poissons sacrés de Daffra. Lieu sacré ou les gens viennent sacrifier poulet ou mouton selon la demande, et les offrir aux énormes silures qui peuvent atteindre un mètre de long. Les vautours sont aussi de la partie, des fois qu'un peu de viande échapperait aux poissons.

Il ne nous restait plus, avant d'atterrir dans ce cybercafé surchauffé, bruyant et au matériel complètement usé, qu'à faire un petit tour dans le centre de Bobo. Toute une aventure aussi, ou tout le monde essaie de soutirer un peu d'argent aux touristes de passage même si cela se fait dans la bonne humeur.

Demain, si tout va bien, le Mali avec un imprévu passage en pays Dogon, les portes de la Guinée étant fermées pour nous en ces temps de tensions extrêmes.

 

 

 

 

 

 

 

 

Par Alain ARNAUD - Publié dans : africa-trip
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