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Mercredi 14 février 2007

Depuis notre premier message que vous avez pu lire sur notre blog, nous avons quitté Lomé, la capitale du TOGO . Les paroles que nous entendons à chacune de nos haltes, « BONNE ARRIVEE », reflètent bien l’esprit des habitant de ce pays. Il était bien entendu impossible de quitter les rivages du golfe de Guinée sans plonger un peu dans l’Atlantique à l’eau si chaude sous ces contrées sans avoir une petite pensée pour les amis restés sous des latitudes moins généreuses en degrés et au travail… Avant de prendre la direction du nord-ouest, nous voulions aller sur les rivages du lac Togo. Cette petite balade d’une demi-journée nous permet de traverser de part en part le pays. Nous rencontrons les pêcheurs, majoritairement originaires du Bénin tout proche, qui nous explique un peu leur vie ici. Pêche du célèbre poisson « capitain » et pose des filets pour la capture des crevettes. Malheureusement, impossible de déguster ces dernières, l’eau du lac étant actuellement trop chaude, les activités de pêche sont suspendues jusqu’à la saison des pluies. Revenu à l’ouest du pays, nous traversons la capitale pour emprunter la route qui mène  à Kpalimé, petite ville à quelques encablures du Ghana. Avant d’arriver à cette dernière, nous faisons un détour pour gravir par une petite route pittoresque le Mont Agou, point le plus haut du pays avec ces 986 mètres. La route qui y accède est taillée à flanc de montagne et traverse une forêt tellement épaisse qu’il faut parfois baisser la tête pour éviter de percuter des lianes sèches qui pendent sous les arbres. Notre étape pour cette soirée se situe au mont (encore !) Kloto dans une auberge tenue par des passionnés de botanique et de papillons.  Rendez vous est pris pour le lendemain matin pour une petite rando à pieds à travers forêt et plantations. Occasion de voir enfin des produits que nous consommons couramment sans savoir à quoi ils ressemblent avant d’être traités comme le poivre, le café, les calebasses (dont vous vous servez certainement tous les jours). Ainsi enfin nous rencontrons le cacao ! En grand amateur de chocolat noir depuis si longtemps, il était temps ! La balade se termine au pied d’une petite cascade où, sans le voir, je dérange un beau serpent noir qui s’enfuit sous l’eau. Nous quittons ce lieu exotique par une petite route qui se déroule à flanc de montagne sous des tunnels de végétation pour rejoindre Kpalimé et la nationale. Direction Atakpamé par la route du plateau de Danyi. La route est en assez mauvais état. Beaucoup de nids de poules. Sur la moto nous nos organisons. Je me concentre sur la conduite, et Chris répond aux nombreuses salutations qui nous sont adressées. Les traversées de villages sont nombreuses. Quand on sait qu’un accrochage avec un piéton peut aboutir à un lynchage du conducteur du véhicule, nul n’est besoin de se forcer à être prudent. Malgré cela, nous prenons un plaisir énorme à rouler. L’air aide à supporter un peu mieux la chaleur, le moteur de la moto ronronne, nous slalomons entre les trous la musique que nous aimons dans les oreilles grâce au lecteur MP3. A notre arrivée à Atakpamé il reste environ 45 kilomètres pour rejoindre le barrage Nangbéto sur le fleuve Mono. Et que voulons nous donc aller faire là-bas ? Eh bien tout simplement essayer d’aller voir quelques hippopotames pardi ! Idée fixe… Et la où l’histoire se répète, c’est qu’à partir du croisement à la sortie de la ville, eh bien il n’y a plus de goudron. Renseignements pris, le goudron reprend dans 1, 10 ou 20 kilomètres à peu prêt… C’est comme ça ici. Nous nous risquons à emprunter cette piste malgré l’heure tardive. De plus, après le coucher du soleil, la nuit tombe très vite sous les tropiques. Et c’est comme ça que nous bravons encore une règle fondamentale que nous nous fixons avant chaque départ, à savoir de ne pas rouler de nuit pour des raisons de sécurité. Mais cette fois, le jeu en valait la chandelle. Levé à 6h00 du matin (c’est plus des vacances !!!) et après avoir cherché un peu le long du fleuve, nous apercevons enfin un petit groupe de ces bestioles qui nous font tant courir. Certes nous ne les verrons que de loin, il y a beaucoup d’eau, mais ils sont là à nager entre deux eaux. Rassasié par le spectacle, nous revoilà sur la piste pour rejoindre la fameuse route nationale 1 qui nous inquiétait tant ! En effet, énormément de camions circulent sur cet axe pour faire transiter des marchandises à travers toute l’Afrique de l’ouest. Et vu l’état des véhicules, la fatigue des chauffeurs,  le nombre d’épaves sur le bord des routes, il y avait vraiment de quoi être inquiet. Cette route nous conduit à franchir la « faille d’Aledjo » tant redoutés par les chauffeurs de camion, qu’un photographe est la en permanence pour les photographier lors de leur passage. A cet endroit, la route franchit une chaîne de collines par une très forte déclivité. Puis vient l’instant du passage dans cette faille si étroite que les camions passent à peine à cause de la largeur. La route pourrait être élargie, quelques pain d’explosifs suffiraient, mais voilà : L’endroit est habité par des génies. Donc hors de question d’y toucher. Nous sommes dans une partie de l’Afrique où la plupart de la population a conservé ses croyances ancestrales. Nous discutons un peu avec des routiers Ghanéens bloqués sur le bord de la route depuis trois semaines pour cause de moteur cassé et en attente d’un carter en bon état, avant de faire une pose dans un petit village où nous avons repéré une peinture murale qui représente une mappemonde. L’occasion de faire une photo sympa. A peine installés, des enfants en tenue beige apparaissent de tous les cotés et regardent le spectacle avec attention. En fait,  sans le savoir, nous avons perturbé les cours. Notre photo dans la boite, nous profitons de cette aubaine et de l’envie des enfants de participer pour faire avec eux une magnifique photo où ils submergent la moto en vous envoyant leur bonjour. Et nous sommes à Sokodé. Ici, et pour la première fois de notre vie,  un banquier dont la banque pratique le change de devises, va nous refuser de changer sous prétexte que nous n’avons que des petites coupures de 20 euros… Hallucinant quand on voit les liasses de francs CFA qui nous sont remises en échange de quelques euros… Mardi, il est déjà temps de faire les formalités pour quitter le Togo. En effet, pour rejoindre le Bénin, nous allons emprunter une piste qui fait environ 80 kilomètres et qui traverse le pays Tamberma. Et pas de poste frontière sur le chemin. C’est donc à Kanté que nous accomplissons ces obligations. Il y a énormément de monde avec des tenues traditionnelles. Des enfants se baladent avec des petits fanions aux couleurs de l’UNESCO. Renseignements pris, il va y avoir une cérémonie destinée à officialiser le classement du pays Tamberma « site du patrimoine mondial ». Il n’y a pas de hasard, nous en sommes tous les jours un peu plus convaincus. En plein sur notre route ! Nous faisons des provisions en eau et nourriture pour palier à une nuit sur la piste et nous nous engageons en direction du Bénin. Au détour d’un virage, un couloir d’écoliers accompagnés de leur instituteur attend les voitures des officiels. Nos avons droit au désormais célèbre « Bonne arrivée ». Même si nous ne sommes la que par hasard, quoique, ça fait chaud au cœur. Nous arrivons sur le site de la cérémonie, en franchissant un couloir de gens en tenues folkloriques. Le pays Tamberma est célèbre grâce à ces ensembles de cases et greniers fortifiés. Et c’est vrai, c’est très beau ! Le site s’étire au pied d’une chaîne de collines et au milieu de baobabs. Nous profitons pleinement des spectacles qui nous sont offert, et comme je le souhaitais presque secrètement, une invitation à dormir sur le toit d’un Tata (ces ensembles de cases fortifiées) nous est adressée. C’est ainsi que nous nous endormons sous une myriade d’étoiles au son des tamtams des habitants qui prolongent les festivités… Certains passent leur vie à courir derrière un hypothétique or en barre, nous nous avons trouvé au Togo du bonheur en barre. Il ne reste plus qu’à franchir la frontière pour être au Bénin, et rouler vers de nouvelles découvertes. Le parc de la Pindjari est à portée des roues de notre moto, mais c’est une autre histoire…

Nous espérons d’autres rencontres avec des cybercafés pour continuer à vous faire profiter de notre voyage. Nous vous demandons de nous excuser, mais nous contions vivement vous envoyer des photos avec ces textes. Malheureusement, avec le matériel dont nos disposons, il nous est impossible de traiter nos photos dans de bonnes conditions. Ce sera pour un peu plus tard …

Par Alain ARNAUD - Publié dans : africa-trip
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