Nous vous avions laissés en plein cœur du pays Tamberma au nord est du Togo. Il a bien fallut quitter cette région extraordinaire pour continuer notre voyage. C'est avec un vent violent et qui transporte du sable du Sahara que nous avons repris la piste. Ici, ce n'est pas le Mistral, mais l'Harmattan qui souffle du nord.
Nous avons donc quitté le Togo en empruntant une magnifique piste de latérite qui nous a mené à Boukoumbé, petit village du Bénin où nous effectuons nos formalités d'entrée dans le pays en une demi-heure chrono. Il ne reste alors plus qu'une quarantaine de kilomètres de piste pour relier la ville de Natitingou située sur la route principale reliant Cotonou, la capitale, au Burkina Faso au nord. Pas mal de "tôle ondulée" sur cette piste. Pour éviter de tout casser, il fait rouler assez vite afin de ne rouler que sur les bosses de cette tôle ondulée. Ca nous permet de rouler en moyenne à 90 kilomètres heure avec le plus grand confort. De temps en temps, je ne peux résister au plaisir de rouler un peu plus vite... Gare alors aux plaques de sable profond ... La masse de la moto avec les bagages, environ 300 kilos, avec les deux passagers qui ne sont pas vraiment des gringalets, ça ne s'arrête pas comme çà sur une piste au manque d'adhérence certain. Natitingou. Rien de spécial à voir ou à faire dans cette ville, si ce n'est le plein de carburant, le ravitaillement et le change. C'est quand même pas mal finalement!
Il ne reste plus alors qu'à rejoindre la petite ville de Tanguieta à environ 50 kilomètres d'une bonne route. Tanguieta est la ville d'accès au fameux parc national de la Pendjari. Et quand on dit fameux, ce mot n'est pas usurpé! Il est considéré comme le parc d'Afrique de l'ouest le plus fourni en faune. Normalement, hippopotames et éléphants doivent être au rendez-vous. Mais voilà: Si la moto est le meilleur moyen de voyager à travers le monde, l'accès aux parcs nationaux lui est formellement interdit. Pensez un peu si les deux gros blancs se faisaient bouffer par un lion...
Notre préoccupation est alors de trouver un moyen pas trop onéreux pour accéder à ce parc à bord d'un 4x4. Et comme le hasard n'existe pas, voilà qu'arrive une sympathique famille de français à bord de leur vieux Toy. bâché. Pensant qu'ils arrivaient du parc, nous allons les questionner sur les rencontres faites à l'intérieur de celui-ci. Nous y allons demain matin... Et nous avons deux places pour vous ! En deux heures le problème est donc réglé.
Rendez vous à 5h30 pour le départ. Vous conviendrez avec nous que ce n'est pas un horaire décent pour des vacanciers... Mais les animaux ont leurs habitudes et ne nous attendront pas.
2 km de goudron, et au centre ville nous attaquons déjà la piste direction Batia, à ... 45 kilomètres. Nous sommes à l'arrière de la voiture que le propriétaire a gentiment débâchée sur les cotés afin que nous ayons une vision maximale. Pour le moment, en guise de vision, il fait nuit noire et nous encaissons la tôle ondulée et chaque trou et bosse en direct. Les formalités d'entrée au parc effectuées, il n'y a plus que 40 kilomètres pour parvenir à une marre ou les animaux sont censés venir s'abreuver... Il fait grand jour à notre arrivée, et rien... Je sens le coup foireux arriver, ayant déjà vécu bien des expériences comme çà. Et puis au fur et à mesure de notre avancée, oui bien sûr, encore 40 kilomètres de mauvaise piste pour arriver à proximité du fleuve (nous en ferons environ 250 dans la journée), nous rencontrons un troupeau de pintades sauvages... Imaginez un peu, tout ce trajet pour voir un troupeau de pintades... Puis quelques phacochères, puis quelques singes et gazelles, puis quelques oiseaux, puis un troupeau de buffles qui coupe notre chemin, ou l'inverse, quand tout à coup, le guide nous dit: Eléphants !!! Il a l’œil le jeune !!! En effet, après êtres sortis des véhicules, et nous être enfoncés un peu dans la végétation, un groupe d'une dizaines de pachydermes est là en train d'avaler les feuilles des arbres les entourant. Nous observons la scène quelques minutes, puis un après l'autre ils lèvent leur trompes vers le ciel et nous repèrent aussitôt. Là deux solutions: soit ils nous chargent et il faut se réfugier au plus vite derrière un gros arbre, soit ils partent à l'opposé pour fuir. C'est la solution que nous préférons, et eux aussi. Ca tombe bien!
Nous continuons notre route, notre piste, pour aller voir un groupe d'hippopotames qui se prélassent dans les eaux du fleuve. Je crois que si c'est possible, Alain souhaiterai être réincarné en hippopotame... Si quelqu'un sait où adresser la demande ... Il est déjà temps de se diriger vers la sortie du parc. Non sans une deuxième rencontre avec un petit groupe de 4 éléphants (genre cerise sur le gâteau) qui eux, nous offriront un magnifique spectacle en s'enfuyant en traversant le fleuve. Nous rentrons (par la piste, toujours, quant on aime...) comblés par ces rencontres espérées depuis si longtemps.
Il faut voir dans quel état nous arrivons au camping... Nous ne sommes pas noirs, ce n'est pas encore possible, mais rouge. Couverts de poussière de latérite.
Nous décidons de prendre ici une journée de repos. Nous avons entendu parler d'une cascade à 34 kilomètres de piste. Bonne destination pour un pique-nique. Encore une fois, et suite à l'expérience de la veille, nous trouvons le confort de la moto extraordinaire. Le site de la cascade est magnifique, pour ne pas dire paradisiaque. En fait deux cascades superposées dans une végétation tropicale. Après le repas, des gosses se jettent à l'eau. La tentation est trop grande. Nous en oublions les saletés de "bilharziose" et autre vers de Guinée et plongeons à notre tour. Fabuleux !!! Retour à Tanguieta le long des plantations de coton où celui-ci est stocké au bord de la piste en attendant d'être chargé dans des camions qui le conduiront dans le sud du pays afin d'être traité.
Il est déjà temps de quitter le Bénin et de nous diriger vers un des pays les plus pauvre de notre planète: le Burkina Faso. Le voyage va prendre une autre tournure, c'est sûr.




