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Lundi 19 mars 2007 1 19 03 2007 14:50

Comme prévu, nous avons quitté Dakar, mais seulement après avoir rendu visite au directeur d'une institution qui mérite d'être connue: D.A.S.S. de Dakar. Pour notre étape dans cette ville, nous étions hébergés chez une jeune Sisteronaise en stage pour 5 mois dans cette institution. Laureline, nous fait donc rencontrer son directeur, M Serigne Lahbib Ndiaye. Un homme qui investi toute son énergie et son temps pour venir en aide aux enfants les plus défavorisés de Dakar. Et il y en a !!! Nous apprenons beaucoup sur les conditions de vie de beaucoup d'enfants en ville et sur les faibles moyens mis en oeuvre par les élus sénégalais. Les employés de cet organisme en sont à reverser une grande partie de leur salaire à l'association qui les emploi afin que cette dernière subsiste...
Il faut donc nous extraire des encombrements inévitables de la ville pour nous diriger vers le lac Rose, devenu célèbre depuis que le rallye Paris-Dakar y organise son arrivée annuelle. Des panneaux indiquent l'approche du lieu: "Restaurant Paris-Dakar", "Buvette du rallye" ... Il est évident que l'organisation de cette course a marqué la ville pour longtemps (une stèle a été élevée à Dakar en hommage à Thierry Sabine). Et les retombées sont là. Il faut voir le nombre de touristes trimbalés en camion autour du lac! Il semble de toutes façons, que tout le Sénégal profite du passage du rallye et des reportages télévisés qui en découlent.
Le lac est bien rose. D'ailleurs, au plus le soleil monte dans le ciel, au plus cette couleur s'accentue. Salinité importante de l'eau disent certains pour expliquer ce phénomène (mais la mer morte en Jordanie n'est pas rose), micro-algue vivant ici affirment d'autres. Nous ne savons donc pas vraiment pourquoi l'eau est rose, mais le spectacle est là et le site vaut vraiment le détour. Entre le village de paillotes et les rives du lac, des tas de sel extrait des eaux de ce dernier s'alignent. Les barques sont stationnées le long de la berge où naviguent paisiblement sur la surface figée du lac.  Mais derrière ce tableau idyllique se cachent d'autres réalités plus dures. Il suffit de voir ces hommes au milieux du lac, avec de l’eau jusqu’aux épaules passer la journée à casser et remonter la croûte de sel recouvrant le fond du lac, ou ces femmes pliées en deux qui sous un soleil de plomb trient les cristaux de sel pour en extraire le moindre caillou… Là-bas, la vie est à ce prix. Il nous faut reprendre la route pour rejoindre Sain-Louis. 270 kilomètres de bonne route nous conduisent à la Manhattan africaine. Nous retrouvons volontiers cette ville paradoxalement d’une grande quiétude ou très agitée selon que l’on se trouve dans tel ou tel quartier. A l’arrivée, la route longe les quartiers populaires installés sur la berge orientale du fleuve Sénégal. Il faut alors emprunter le pont Faidherbe pour accéder au cœur de la ville situé sur une île au milieu du fleuve. Ce quartier est constitué d’anciennes maisons coloniales et est d’une sérénité qui contraste avec l’agitation que l’on trouve en franchissant le deuxième bras du fleuve pour rejoindre cette langue de terre coincée entre fleuve et océan, la langue de Barbarie. Le quartier des pêcheurs est construit ici. La population vie au rythme de l’océan et des départs et retours de pêche. De partout des pirogues multicolores. Des fumées et vapeurs s’échappent des endroits où sont traités les derniers poissons arrivés. Bouillis, séchés, salés… Il y a maintes procédures différentes pour essayer de faire parvenir le poisson aux populations vivant à l’intérieur des terres. Nous profitons de notre passage ici pour rendre visite à quelques connaissances avant de reprendre la route vers la Mauritanie.
Nous pensions, par rapport aux informations récoltées à différentes sources, que nous pouvions obtenir le visa d’accès à ce pays à chacun de ses postes frontière.  Connaissant le poste de Rosso, il était hors de question d’y passer. Corruption, magouilles en tous genres et harcèlement des voyageurs sont au rendez-vous des voyageurs qui s’y risquent. Nous choisissons donc de nous rendre au poste de Diama et acceptons en contrepartie d’un passage plus normal de la frontière, d’effectuer 90 kilomètres de piste supplémentaires. Une fois sur place, nous apprenons que non, la Mauritanie ne délivre pas de visa à ce poste. Retour soit à Dakar (distante de 310 km) pour demander un visas, soit passage à Rosso. Nous optons donc pour la deuxième solution, bien conscients de ce qui nous attend. Et nous n’allons pas être déçu de ce côté là… A peine arrivés nous sommes submergés par une nuée de gens qui veulent essayer de nous soutirer un maximum d’argent en échange de leur aide pour accomplir les différentes formalités. Tout cela se passe sous l’œil complaisant des autorités. Nous arrivons malgré tout à échapper à tout çà et à effectuer les formalités de sortie du Sénégal sans y laisser une montagne de francs CFA. Nous attendons le bac une paire d’heures en regardant vivre les gens au bord du fleuve et en observant les allées et venues des pirogues. La traversée s’effectue enfin dans un inconfort complet où il faut tenir la moto qui est en équilibre précaire tout en compensant la pression exercée par les nombreux voyageurs à pied. Le bac est surchargé. Côté mauritanien, c’est la désorganisation complète. Nos papier sont d’ailleurs ramassés sur le bac à notre arrivée. Nos passeports partent d’un coté, permis de conduire et carte grise partent d’un autre sans aucune explication. C’est comme çà, point c’est tout. A nous de nous y retrouver dans les labyrinthe des bâtiments des différentes administrations auxquelles nous avons à faire. Il nous faudra trois heures pour obtenir un visa de … 72 heures. A notre grande surprise, il ne nous est délivré qu’un visa de transit (pour le prix d’un visa d’un mois multi-entrées). A nos protestations, une réponse implacable de la part du responsable : Si vous n’êtes pas content, vous retournez chercher un visa à Dakar. Nous avons le sentiment de ne pas être vraiment les bienvenus en Mauritanie. Sentiment qui contraste avec le sentiment éprouvé lors de précédents passages où nous avions ressenti une chaleureuse hospitalité. De plus, par sa récente histoire, le pays fait plutôt figure d’exemple pour l’Afrique, avec un coup d’état en 2005 sans aucune effusion de sang, un pouvoir de transition sous contrôle de l’armée pendant deux ans, et enfin des élections on ne peu plus démocratiques en ce moment, afin de rendre le pouvoir aux civils. Nous ne comprenons plus. Toujours est-il que nous quittons Rosso en fin d’après-midi et que nous n’aurons pas le temps de rejoindre la capitale distante de 200 kilomètres avant la nuit et donc dans de bonnes conditions de sécurité. Nous en serons donc pour un bivouac improvisé dans le désert. C’est vrais, qu’avec la traversée du fleuve Sénégal, nous entamons une nouvelle partie de notre voyage. La traversée du Sahara. Il y a une vingtaine d’année, l’axe principal entre l’Europe et les pays d’Afrique noire, passait par la fameuse trans-saharienne qui file entre l’Algérie et le Niger avant de bifurquer vers le Mali en fonction de la destination finale. Mais depuis les troubles qui règnent aux frontières communes de ces pays, en plein cœur du désert, c’est la trans-saharienne côtière qui a pris le relais. La Mauritanie, consciente de ce phénomène et consciente aussi des retombées économiques que cela peut signifier, n’a pas tardé à construire une route de 500 kilomètres (terminée début 2005) entre Nouakchott et Nouadhibou, les deux principales villes du pays. Si s’en à été fini de l’aventure pour les voyageurs qui voulais traverser le pays, le trafic de marchandises et la venue de nouveaux touristes s’en sont trouvés grandement facilités.
C’est donc dans un relatif confort que nous allons traverser les immensités magnifiques du plus grand désert du monde. Si la monotonie peut être au rendez-vous de certains esprits fermés, pour nous c’est une multitude de paysages variés qui nous est offerte. Grandes étendues arides et lisses, zones couvertes d’herbe à chameaux (dont nous rencontrons les premiers troupeaux), ergs avec de gigantesques dunes qui parfois donnent l’impression de vouloir avaler la route, grandes étendues couvertes de plantes vertes qui résistent à la sécheresse en captant l’humidité émise par le proche océan, immensités rocheuses (le sable n’occupant que 7% de la surface du Sahara) tourmentées par les vents, la chaleur et aussi le froid, et puis, sous la chaleur, les mirages. Ces impressions de voir de grandes étendues couvertes d’eau où l’on peu même voir des pêcheurs à l’œuvre selon les influences inconscientes de notre imagination. Ces derniers ne sont en fait que de vulgaires petits arbustes rabougris ou seulement des monticules de terre. Quand nous croisons des véhicules, et avant qu’ils ne soient à notre hauteur, nous avons l’impression de les voir flotter à quelques mètres au dessus du sol. Souvent, il est grand temps de faire une pause et d’avaler quelques goulées d’eau presque bouillante en pensant fortement qu’elle sort d’un réfrigérateur. Nous traversons finalement la Mauritanie très rapidement. 72h00, ça peu paraître largement assez pour couvrir un distance d’environ 800 kilomètres. Mais c’est sans compter sur une éventuelle panne, qu’il faut toujours prévoir, et qui rajouterait aux problèmes administratifs qui en découleraient.
Nous terminons notre séjour dans ce pays par un magnifique bivouac au bout du cap Blanc, zone classée parc naturel au sud et au bout du cap sur lequel est construite la ville de Nouadhibou. Phoques Moines, un phare, ciel constellé d’une myriade d’étoiles, épave de cargo, feux de positions des barques de pêcheurs qui donnent l’impression d’un vol de lucioles, ruines datant de l’époque coloniale, tout ceci sera notre décors pour cette nuit « dans » un hôtel aux milliers d’étoiles.
Les formalités de sortie du pays sont expédiées en dix minutes et nous aurons ici, la confirmation de la corruption régnant à Rosso. Ici, le visa est bien délivré pour un mois. Il n’y a donc pas eu de changement ordonné par les autorités, et la différence de prix entre les deux visas doit aller directement dans les poches des douaniers de Rosso…
Devant nous le Maroc. Le Maroc, mais aussi la fin du voyage. Nous nous sentons déjà un peu à la maison ici. Il reste environ 2500 kilomètres pour rejoindre Tanger et embarquer vers la France à bord d’un bateau à destination de Sète. Une formalité par rapport à tout ce que nous venons de vivre et de parcourir.
Nous allons profiter de ces derniers instants privilégiés en revoyant les pêcheurs des falaises le long de la côte, en dégustant quelques tajines inimitables, en appréciant les thés à la menthe que la célèbre hospitalité marocaine ne manquera pas de nous offrir, et des derniers bivouacs au pieds de dunes de sable blanc.
Nous n’avons plus qu’à vous donner rendez-vous pour un prochain voyage, qui nous l’espérons, nous conduira à nouveau vers des contrées qui nous sont inconnues et que nous sommes si impatients de découvrir.
Nous espérons qu’au travers de ces quelques messages, nous avons réussi à vous faire partager un peu de nos sentiments et à vous donner envie, à votre tour, de partir à la découverte de notre planète et des gens qui vous y attendent.

 

 

Par Alain ARNAUD - Publié dans : africa-trip
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Dimanche 11 mars 2007 7 11 03 2007 18:53


Nous vous avions laissés à Tambacounda au fin fond du Sénégal. Comme nous le laissions entendre, un petit détour vers le parc Niokolo-Koba était envisagé. Non pas pour y faire une visite, mais pour se reposer un peu au calme dans un campement bordant le parc et sur une berge du fleuve Gambie. Qu'elle idée nous avons eu la... Le campement est magnifique, dans le genre paradisiaque même. Beaucoup de changement par rapport à une précédente visite il y a quelques années. En 2000, nous avions passé ici deux jours à essayer de voir quelques animaux toujours invisibles. Et là, alors que nous sommes en bordure du parc, à peine arrivés, comme une cerise sur ce gâteau qu'est ce voyage, trois hippopotames sont la devant nous à faire la sieste dans le fleuve. Le temps de nous installer, et leurs cris nous invitent à venir profiter du spectacle. Il semblerait que ce soit l'heure de la récréation. Ces énormes mammifères font les quatre cent coups dans l'eau. Jusqu'à des cabrioles qui nous permettent de les voir carrément à l'envers. Nous ne nous lassons pas de regarder. Depuis le temps qu'on leur courrait après... Après une bonne heure de défoulement, tout redevient plus calme. Il est alors temps pour moi d'aller faire un tour de canoë sur le fleuve. Le responsable précise bien que si les hippos sont à droite, il faut que moi je sois à gauche. Malgré leur aspect, ce sont des animaux très dangereux qui chaque année font des victimes dans les rangs des pêcheurs. Me voilà donc parti pour une petite randonnée au fil de l'eau qui me permet d'observer à loisirs une quantité d'oiseaux qui vivent sur les berges. Le soleil qui commence à décliner produit des couleurs extraordinaires. Tout est paisible. puis, au détour d'une courbe du fleuve, celui-ci se rétrécit et au même endroit, le fond remonte juste sous le niveau de l'eau. Impossible d'aller plus loin. Il n'y a plus qu'à faire demi-tour. Et là: stupeur ! A environ cinquante mètres de moi, un hippo, immobile me regarde. J'ai du sans le voir, lui passer dessus ou juste à coté. Avec les recommandations reçues avant le départ, je suis quand même un peu inquiet. Il me barre pratiquement le passage. Comme de plus, et malgré leur masse imposante ils sont très agiles dans l'eau, il s'agit de ne pas faire n'importe quoi. Je débarque du canoë, tire celui-ci sur la berge et attend un peu. Le bestiau ne bouge pas. Il n'a que ça à faire. Pour moi, par contre, le temps commence à presser un peu. Le soleil descend sur l'horizon et la navigation fluviale de nuit et au milieu des bestioles n'est pas mon truc. Je tire donc le canoë le long de la berge sur quelques dizaines de mètres afin de m'éloigner un peu. Je saute à bord un commence à pagayer doucement en surveillant la bête. Celle- ci va me suivre une centaine de mètres tout en gardant ces distances quand même. Il n'y a plus qu'à profiter du coucher de soleil sur le fleuve et la jungle. Mais une autre épreuve nous attendait. Entre Tambacounda et Kaolack, la route est complètement détruite. Une succession de trous tous plus gros les uns que les autres. Et c'est un slalom de 300 kilomètres qui commence sous la chaleur. De plus, les chèvres qui traversent devant nos roues sont toujours là. Ca ajoute un peu de piment. Et comme s'il en manquait, il faut éviter les camions aussi. Les chauffeurs de ces derniers ont la mauvaise idée de croire que les trous se situant à leur gauche sont mieux que ceux se situant à leur droite. Résultat, ils roulent souvent à gauche, et les motards (fort rares il est vrais) arrivant en face, ne faisant pas le poids, n'ont d'autre solution que de s'enlever du milieu. Exténuant. Dur de comprendre la politique du ministère des transports (hormis le manque de moyens) qui fait se détruire sa flotte de camions. Essieux cassés, roues arrachées, châssis en vrac, il faut voir les dégâts... Heureusement nous finissons la journée sur les rives du delta du Saloun devant une assiette de crevettes grillées et avec comme spectacle le coucher de soleil sur les pirogues stationnées le long du rivage. Le lendemain, après un passage à Joal Fadiou, petit village de 8000 habitants construit sur une île couverte de coquillages et avec des greniers à mil sur pilotis; nous rejoignons l'océan Atlantique que nous avions quitté à Lomé quatre semaines auparavant. Nous arrivons dans la zone la plus fréquenté et habitée du Sénégal. La circulation est du coup plus intense mais les routes plus belles. L'approche de Dakar nous permet de faire une escale à Popenguine, village de résidence du président Sénégalais fraîchement réélu. D"ailleurs, à notre approche, voilà des comités de réception avec drapeaux et banderoles. Au centre du village tout est prêt pour une réception festive. Le président est attendu d'une minute à l'autre. Cette fois, nous allons éviter les festivités en préférant piquer une bonne tête dans les vagues de l'océan.
Et il faut en profiter de ce bon moment. Ce qui nous attend est moins réjouissant. L'accès à Dakar est toujours aussi problématique avec sa seule voie et ses kilomètres de bouchon... Samedi, révision de la moto. Une huile moteur toute neuve sera la bienvenue pour la traversée du Sahara qui nous attend les jours qui arrivent. Dimanche, tentatives de vous écrire ces quelques lignes entrecoupées de coupures de courant décourageantes. Pour se remettre, il suffit d'embarquer sur une pirogue à destination de l'île de N'Gor. La, table et fauteuils les pieds dans l'eau, c'est pas des blagues, il faudra même se déplacer car la marée monte; et baignade en attendant les crevettes et le poisson grillé. L'après midi est consacré à des visites chez des gens vivant dans des quartiers populaires dans des conditions plus que précaires. Quand on ressort de la, nous ne pouvons qu'êtres qu'heureux de notre sort.
Demain départ vers St Louis avec une visite au lac Rose. Après, c"est au tour de la Mauritanie de nous accueillir. Mais çà, ce sera pour plus tard.

Par Alain ARNAUD - Publié dans : africa-trip
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Mercredi 7 mars 2007 3 07 03 2007 12:45

Nous voila donc un dimanche a Bamako. Nous avons trouvé pour loger une petite auberge sympa au sud du fleuve Niger. Pour visiter la ville; il nous faut traverser ce dernier par un pont saturé de circulation et de pollution. Puis le centre ville. Autant vous le dire de-suite, rien d'exceptionnel à voir ou à vivre dans cette capitale. Nous flânons dans des rues encombrées de marchands ambulants et de temps en temps sans goudron. Au fil de notre balade; nous apercevons des espèces de petits chapiteaux montés ça et la au milieu des rues. Une fois; deux fois; puis a la troisième nous ne pouvons nous empêcher de nous approcher. Toute une foule est assemblée ici et un groupe de musiciens joue de la musique. La majorité des personnes assemblées sont des femmes dans des tenues chatoyantes  que l’on devine portées qu’exceptionnellement. Une jeune fille vient nous aborder pour nous inviter a danser. Peuchère; elle tombe mal avec nous. Nous prenons pour prétexte nos chaussures de randonnée qui risquent de transformer ces pieds presque nus en palmes. Elle nous confirme qu'il s'agit bien d un mariage et nous invite même a l’intérieur de la maison pour saluer et féliciter les jeunes mariés. Le dimanche a Bamako c’est bien le jour des mariages. La visite de la ville se poursuit par celle du musée national où nous nous rendons en taxi. Crevaison au milieu de la ville; remontée de boulevard à contre sens; et arrivée au stade envahi de monde car va se dérouler un match Mali - Maroc. Mais pourquoi au stade. Il est tout simplement impensable pour le chauffeur que nous n'assistions pas a cette rencontre si importante. Mais une deuxième raison se profile. Il ne sait pas ou se trouve le musée national. Renseignement pris a un confrère; il nous mène 300 mètres plus loin; devant le musée. Après la visite; nous entreprenons d'escalader la colline qui surplombe la ville... et le stade. Des centaines de personnes ont envahit les lieux pour assister gratuitement au match. Le spectacle pour nous n'est pas sur la pelouse. Tout autour la ville prise dans un nuage de pollution et de poussière avec le soleil qui se couche.
Et il faut rouler. Quitter la ville et aller vers l’ouest. Tout se passe bien jusqu a Didiemi. La, plus de goudron. Une grande piste de latérite rouge et complètement défoncée par les camions. Il faut les entendre  rouler a pleine vitesse sur la tôle ondulée ... Heureusement une piste parallèle suit la première. Même si elle est plus accidentée, elle est plus roulante pour nous. Nous ne savons pas combien de temps  et surtout combien de kilomètres cela va durer. Si bien que; quand le soleil commence a décliner; nous quittons cet axe pour nous enfoncer dans la savane et y installer un bivouac. Le lendemain; après quelques kilomètres; nous arrivons à un chantier. Construction de la route. D’ici quelques temps il sera possible de relier l’Europe au golfe de Guinée par la route. Extraordinaire ! En attendant, notre piste parallèle de la veille sert de déviation. Nous roulons donc sur une piste complètement défoncée dans la poussière des autres véhicules et sous une chaleur déjà bien présente. Puis le goudron, enfin. Quel plaisir de croiser à 140 km h sur un goudron neuf. En plus; ici; pas de risque de radar et autre saloper... à pognon comme chez nous. La liberté. Tout au long de la route des poids lourds à l’agonie qui assurent le transport entre le port de Dakar et ce pays enclavé qu'est le Mali. Une centaine de kilomètres nous sépare encore de Kayes. La route descend subitement des collines et nous passons d'une altitude de 300 mètres à 45 mètres. Nous croyons tomber dans un four. L’air surchauffé nous brûle le visage. Nous savions que la région était chaude; nous en avons la confirmation. Le passage du fleuve Sénégal nous apporte une bouffée de fraîcheur à notre arrivée a Kayes. Ville ou nous ne faisons qu’une brève escale pour nous ravitailler. En quittant la ville nous longeons les anciens entrepôts français construits sur la berge du fleuve .
Formalités de douane des deux cotés; et nous voila au Sénégal. Des groupes de singes s'amusent sur la route et fuient a notre arrivée. Nous croisons la première moto depuis le début de notre voyage. Le conducteur de cette dernière parait bien pressé et ne s'arrête pas. La route suit la voie ferrée Bamako - Dakar. De temps en temps des wagons renversés au bord du ballast. Le transport ferroviaire n'est pas plus sûr que le transport routier. A ce sujet; notre attention va un peu se relâcher maintenant. En effet; le Burkina et le Mali ont la triste réputation d'avoir un fort taux de coupeurs de route. Les infos recueillies sur internet avant notre départ n’étaient pas vraiment rassurantes. Faux contrôles de police le jour; attaques directes la nuit comme autrefois les attaques de diligence ou de touristes actuellement en Espagne; ou il y a quelques années dans la vallée du Rhône; ou tout simplement dans le train Menton - Toulon l'an passé. Il suffit de savoir et d'être prudent. 
Ce matin arrivée à Tambacounda au sud est du Sénégal. Nous projetons d'aller faire un petit tour en bordure du parc Niokolo Koba et surtout sur la berge du fleuve Gambie ou est installé un campement pouvant nous fournir une douche...

Par Alain ARNAUD - Publié dans : africa-trip
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Lundi 5 mars 2007 1 05 03 2007 11:48

Eh bien comme prévu, notre voyage nous a conduit au Mali.
La première journée dans ce pays, hormis les formalités de douanes, c'est résumé à une longue route qui nous a conduit à Mopti sur les rives des fleuves Bani et Niger. Arrivés à la nuit, il nous faudra attendre le lendemain pour découvrir cette ville extraordinaire. En effet, la ville est un grand carrefour entre Sahara et Sahel. Enormément de trafic par camions, et par pirogues (pas celles des touristes, non, de vrais camions flottants). En effet, Mopti est dotée d'un port, ce qui lui permet de commercer avec les villes de Bamako, Tombouctou ou encore Gao. Une ville on ne peut plus vivante et grouillante pour notre plus grand plaisir. Nous allons passer une journée à flâner d'un quartier à l'autre et découvrir ce qui fait la vie des gens d'ici. La rive sur le fleuve Bani est encombrée de petits étals ou l'on peut en autre, trouver du sel en provenance du Sahara. Celui-ci est débité en plaques dans les carrières, transporté à dos de dromadaires jusqu'à Tombouctou, et acheminé jusqu'ici par pirogue. Toute une aventure quand on sait qu'une petite partie sera vendu ici et le reste rechargé dans des camions qui desservent toute la partie de l'Afrique au sud du fleuve. Mais Mopti, ce n'est pas que le sel...
Ce sont une multitude de produits qui arrivent en camions, comme celui qui arrive du port de Lomé avec sa cargaison de savons, ce sont des corps de métiers comme les fabricants de pirogues qui chauffent les planches pour leur donner la forme voulue, ce sont ces forgerons qui ont pour matière première des fûts de 200 litres et qui transforme ça en malle de voyage, brasero et bien d'autre... Ce sont aussi bien entendu, les pêcheurs et autres piroguiers et tous ces gens qui vivent du fleuve. Ce fleuve qui sert à tout: Lavoir pour le linge, salle de bain, moyen de communication avec les pirogues, et bien entendu déversoir des égouts.... Mais les journées comme ça passent très vite et il faut déjà songer à quitter cette ville si attachante pour nous diriger vers ce fameux pays Dogon. Il n'a jamais été question pour nous d'y venir, cette destination étant à notre goût bien trop à la mode chez nous. Et puis voilà, les circonstances font que nous y voilà. Etape obligée, Bandigiara. La "capitale". Ravitaillement, recherche d'infos, et nous voilà parti vers cette falaise qui fait déplacer tant de monde. Et là, et bien, c'est vrai, ça vaut le détour ! Nous dévalons la falaise par une piste aménagée pour la suivre par le bas en direction de l'Est. Malheureusement, c'est ici que commence nos galères. La piste est en grande partie constituée de deux ornières de sable bien profond et bien mou. Et avec notre "panzer" à deux roues ce n'est pas vraiment l'idéal. A tel point que nous arrivons au petit village de Ende, moi complètement trempé, il fait quand même plus de 40°, et Chris ... à pieds... Mais quelle récompense: Nous sommes donc au pied de la falaise, sous un ancien village Dogon accroché à celle-ci. En fait, en schématisant, c'est le cœur de l'histoire Dogon. Les Tellems, des pygmées, vivaient ici jusque vers le 11 ou 12 ème siècle. Les Dogons sont alors arrivés et leur ont gentiment botté le cul pour prendre leur place. Ils ont alors construit de nouveaux village en dessous de ceux existants, accrochés à la falaise, et ont tout défriché pour leurs cultures. Ce n'est qu'il y a cent ans que les Dogons ont à leur tour abandonné ces villages pour s'installer sur la plaine au pied de la falaise. C'est beaucoup plus pratique pour le ravitaillement en eau. Nous visitons deux sites dans le secteur, avant de remonter se réapprovisionner à Bandiagara et repartir vers un autre site: Banani. Notre survol de cette région s'arrêtera là, après il faut marcher ou disposer de quatre roues. Une chose nous aura surprise pendant la visite de cette région: c'est les cultures. En effet, la moindre parcelle de terrain irriguée est utilisée à la culture de l'oignon. C'est ce qui se vend bien... Après un bivouac nous reprenons la route vers Djenné. Classée au patrimoine mondial par l'UNESCO, cette ville n'est accessible qu'en prenant un bac pour traverser le fleuve. Une ville construite en banco uniquement et dont la mosquée est une fierté du pays. Nous finissons cette première partie de découverte du Mali par une longue liaison routière de plus de 600 km pour rejoindre Bamako. Vent latéral violent au rendez vous et chargé de poussière. On comprend mieux dans ces conditions ce que peuvent endurer les gens qui vivent ici. Nous serons donc à Bamako un dimanche. Jour des mariages comme le dit la chanson...
Nous allons voir nous même, et nous vous raconterons tout çà une autre fois...

 

Par Alain ARNAUD - Publié dans : africa-trip
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Lundi 26 février 2007 1 26 02 2007 14:05

Et bien, déjà notre séjour au Burkina Faso s'achève. Autant vous dire que nous ne voyons pas le temps passer. Les journées d'aventure et de découverte se succèdent à un rythme effréné. Nous pensions avoir "mangé notre pain blanc" en quittant le Bénin, et voilà que surprise, le Burkina nous offre ce que l'Afrique doit avoir de meilleur: Un accueil super, une nature géante. Mais revenons quelques jours en arrière ( combien ?).

Passage des frontières Bénin / Burkina sans problème. Une nouveauté toutefois, le Burkina est organisé pour le passage des véhicules sur son territoire. Un laisser passer nous est délivré contre la somme de 5000 CFA ( équivalents à 5000 de nos anciens anciens francs, 50 de nos anciens francs, et environ 7.5 euros. iI faut jongler avec tout çà... ). C'est vers midi que nous entrons dans ce pays. Bonne occasion de manger un bout et de goûter les spécialités culinaires. Et la, d'entrée, le pays marque des points. Nous qui pensions perdre quelques kilos pendant ce voyage, ce n'est pas gagné. Nous projetions de joindre la ville de Fada N'Gourma d'une traite, mais comme toujours, impossible de prévoir. Un arrêt s'impose déjà dés la traversée de la première ville: Pama. En effet, cette dernière est construite au pied d'un amoncellement d'énormes rochers ronds où ont poussé ici et là, des baobabs. Irréel !  Nous garons la moto au pied de cette montagne, et je pars escalader cette montagne. Chris, plus sage et peut être moins téméraire, s'installe  sous un auvent fait de feuilles de rônier tressées. Quand je domine la ville du haut de ces rochers, je me rends compte que je suis en nage et complètement lessivé. Dans la précipitation j'ai oublié d'enlever ma veste et il fait ... 42 degrés ... Pour ce qui connaissent, ce site ressemble étrangement aux "Devils marble" au centre de l'Australie. Les baobabs en plus. 

Nous sommes seuls sur la route. La terre, le long de cette dernière , parait épuisée. Epuisée par les hommes et ces cultures depuis des millénaires, épuisée par les troupeaux de bétail qui la piétine depuis au moins autant de temps, épuisée par ce soleil qui cogne si fort et brûle tout...

Nous ne faisons qu'une brève escale à Fada N'Gourma, nos objectifs touristiques étant plus à l'ouest du pays. Mais avant d'y arriver, il nous faut faire une escale obligée dans la capitale: Ouagadougou. En effet, nous sommes partis sans nos visas pour le Mali. Il est en fait très difficile, avant le départ, de se procurer tous les visas nécessaires quand on habite pas la capitale. Nous mettons à profit notre temps d'attente à Ouaga pour visiter la ville, bien sûr, mais aussi pour toucher d'un peu plus prés les réalités de ce pays. Nous visitons un orphelinat qui prend en charge des enfants de 0 à 2 ans et nous allons en périphérie de la ville pour visiter un centre d'hébergement pour adolescents en difficultés. Les conditions de travail dans les deux cas sont très difficiles, et bien entendu les moyens manquent cruellement. Le Burkina, est le pays au monde, ou le nombre d'ONG est le plus élevé. Pas la peine de faire plus de discours. Les déplacements dans cette ville sont très difficiles. Pas à cause de la circulation, mais surtout à cause de la pollution. Il faut dire que nous évoluons au milieu de milliers de cyclomoteurs et de 125 cc. Au moins la moitié de ces véhicules sont équipés de moteurs deux temps qui fument à nous faire éclater les poumons. En ajoutant à cela les moteurs diesels aux pompes à injection HS, et l'harmattan qui continue de souffler et de recouvrir le pays de poussière, nous n'avons qu'une envie, fuir ! D'autant plus que la ville n'a rien de très spectaculaire à nous offrir.

Nous obtenons nos précieux visas en une demi-journée.  Du coup, la voie nous est ouverte vers la Mauritanie et l'Europe. En route vers Boromo et ces éléphants. Nous ne nous faisons guère d'illusions en allant là-bas. Et puis voilà. Nous quittons le goudron pour nous rendre dans un campement construit dans la brousse au bout d'un morceau de piste et sur un coude du fleuve Mouhoun. Il n'y a pas trente minutes que nous sommes là, qu'un premier groupe de pachydermes vient se vautrer dans des flaques de boue derrière les bâtiments. Et ce n'est qu'un début. Pendant les 24h00 que nous passerons ici, nous verrons des centaines d'éléphants, manger, traverser le fleuve, s'amuser... Ca parait incroyable, même en l'ayant vu de nos propres yeux... Nous aurons du mal à partir le lendemain, les éléphants étant à quelques dizaines de mètres de nous et se donnant en spectacle pour la plus grande joie des quelques privilégiés que nous étions.

La route vers Bobo-Dioulasso ne devait être qu'une formalité. 180 kms. Mais voilà, les travaux de rénovation sont en cours. De très nombreuses déviations sont mises en place de part et d'autre de l'axe routier. De la piste direz vous, pas pour nous déplaire ! En temps normal, bien entendu. Mais la, au milieu des camions qui roulent à tombeau ouvert en soulevant d'énormes nuages de poussière qui ne veut pas retomber, ce n'est pas vraiment du plaisir. Nous rejoindrons Banfora, en longeant sa grandiose falaise, en fin d'après-midi. Installation dans un campement très sommaire pour la nuit. Les chauve-souris nous observent, pendues dans l'énorme manguier sous lequel nous mangeons. Des dizaines de paires de petits yeux brillent dans le noir de la nuit au dessus de nos têtes. Il faut, ce soir là, se coucher tôt. Demain matin, debout à l'aube pour aller sur le lac de Tengrela ou nous avons encore rendez-vous avec les hippopotames.

Malheureusement, le vent a lui aussi rendez vous avec nous ce matin la. Nous embarquons sur une pirogue dont il a fallu vider la moitié de son volume en eau avant de colmater quelques fissures avec des bouts de chiffon. Chris qui ne sait pas  bien nager n'est pas très rassurée. Belle balade bucolique au lever du soleil au milieu du lac ou nous observons les pêcheurs relever leurs filets, mais pour les hippos, le vent les énerves et nous ne voyons que leur têtes de temps à autre. Difficile à voir ces bestioles!!!!  Pour nous remettre un peu de nos émotions, piste et sentier vers une cascade pour un repas bien mérité. Et la encore, malgré les difficultés d'accès au site, nous ne serons pas déçus. Une succession de chutes plus ou moins hautes sur environ 500 mètres. Géant ! Sans parler du "jacuzzi" dans les marmites surplombant la forêt...

Pour clore cette journée déjà bien remplie, un passage au site des dômes de Banfora fini de nous en mettre plein les yeux. Des rochers semés ici et la, et qui se dressent vers le ciel.

Il ne nous restait plus qu'à traîner un peu dans les alentours de Bobo. C'est chose faite ce soir avec une journée encore très chargée. Visite du village de Koumi ce matin. Village en banco (terre uniquement) divisé en trois quartiers bien distincts. Paysans, forgerons et griots. Chacun restant de son coté de frontières matérialisées au sol. Cet après-midi, sous plus de 40 °, mauvaise piste et marche dans un décor minéral irréel pour rejoindre la marre aux poissons sacrés de Daffra. Lieu sacré ou les gens viennent sacrifier poulet ou mouton selon la demande, et les offrir aux énormes silures qui peuvent atteindre un mètre de long. Les vautours sont aussi de la partie, des fois qu'un peu de viande échapperait aux poissons.

Il ne nous restait plus, avant d'atterrir dans ce cybercafé surchauffé, bruyant et au matériel complètement usé, qu'à faire un petit tour dans le centre de Bobo. Toute une aventure aussi, ou tout le monde essaie de soutirer un peu d'argent aux touristes de passage même si cela se fait dans la bonne humeur.

Demain, si tout va bien, le Mali avec un imprévu passage en pays Dogon, les portes de la Guinée étant fermées pour nous en ces temps de tensions extrêmes.

 

 

 

 

 

 

 

 

Par Alain ARNAUD - Publié dans : africa-trip
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